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Carnet de voyage ; dans le Kham et l'Amdo

Traditionnellement, le « grand Tibet » englobait les provinces du Kham et de l'Amdo, deux vastes régions frontalières à la Chine, dont la limitation fût de tout temps un sujet de discorde entre les deux empires. Après l'invasion communiste en 1951, le Tibet est annexé à la Chine et transformée en « région autonome »; mais le Kham et l'Amdo en sont séparés et intégrés aux provinces du Qinghai, du Sichuan, du Gansu, et du Yunnan.

Prés de 4 millions de Tibétains se retrouvent ainsi hors des frontières de la « région autonome ». D'un coup de baguette magique, la population du Tibet est passée de 6 à 2 millions, et les noms de Kham et d'Amdo ont été rayés des cartes chinoises.

 

Jeudi 16 juillet 2009    Nice - Hong Kong

Il est 16h,  nous partons de la maison, sacs sur le dos. Ils nous paraissent bien légers.  Mon sac fait huit kilos, celui de Jean-Claude, dix. Pourtant tout le nécessaire y est. Quelques vêtements de rechange mais surtout polaire et veste goretex pour l'altitude, sandales, pharmacie, petite trousse pour la lessive, guide Lonely planet, carte, appareils photo, net book, lampes frontales, mp3, matériel pour l'aquarelle,  trousse de toilette réduite au minimum (dans pratiquement tous les hôtels, en Chine, savon, shampoing et même dentifrice sont fournis, chapeaux, lunettes de soleil, et un rouleau de papier toilette...  la peur de manquer!  Oui tout y est !

De la gare de Villefranche sur mer, dernier coup d'oeil sur la grande bleue et la plage où les touristes sont au coude à coude pour la bronzette.

Le train nous emmène à Nice, gare Saint Augustin.

Et voilà: le voyage est commencé...

Un quart d'heure de marche et c'est l'aéroport.

L'avion de la British Airways décolle à 20h comme prévu. Deux heures de vol jusqu' à Londres, le temps d'avaler un sandwich infâme, servi par des hôtesses charmantes.

A Londres les deux heures passent vite... entre les nouveaux contrôles d'identité, de sécurité, très stricts ici, (Tout le monde doit se déchausser, et nos chaussures de marche, bien inoffensives passent à la télé du douanier) et puis le transit assez long dans cet immense aéroport. Des "mini métros" permettent aux voyageurs d'accéder avec plus de facilité à leur salle d'embarquement.

Décollage pour treize heures de vol jusqu'à Hong-Kong.

Nous n'avons pas beaucoup de peine  pour nous endormir après le repas. Il est en effet deux heures du matin heure de France.

Vendredi 17 juillet   Hong-Kong

Réveil vers huit heures dans l'odeur un peu écoeurante des petits déjeuners "omelette et saucisse" en train d'être réchauffés.  Les hôtesses s'activent.

Il est temps de mettre nos montres à l'heure de la Chine: soit 14h.

Arrivée vers 18h, heure locale.

Après avoir changé 100 euros dans l'aéroport, direction le bus A11 pour le quartier "Central" de Hong-Kong. Pour 40 dollars de Hong-Kong, soit 4 euros, nous voilà partis pour 45 minutes de voyage, et les premières vues sur cet endroit étonnant.

 A chaque fois que j'arrive ici, je me souviens d'un livre qui me fascinait étant enfant. Ce livre contenait des illustrations sur les villes du futur. Cela me semblait impossible. Mais la réalité, ici, dépasse largement ces images: routes et autoroutes qui s'entrecroisent, ponts immenses franchissant les bras de mer, buildings vertigineux...

Nous descendons à l'arrêt "Four Seasons hôtel", et de là carte en main, nous rejoignons facilement le "mid level escalator »  C'est l'escalator le plus long du monde: 800m. Il nous permet d'atteindre avec un minimum de fatigue, Robinson road, située en hauteur. C'est dans cette rue que se trouve l'hôtel où nous avons réservé, sur Internet, 2 nuits : le Bishop Lei Hôtel. Bonne surprise. Pour 30 euros nous avons droit à une chambre très confortable,  avec l'accès Internet Wifi gratuit.

Il est 19h. La nuit est tombée, et nous sortons pour manger.

Tous les restos de ce quartier sont plutôt du genre branché et un peu cher. Finalement nous dénichons au fond d'une ruelle encombrée de petites tables où les gens du quartier sont en train de dîner, un petit resto où le curry bien épicé nous convient bien.

Samedi 18 juillet  

Hong-Kong

De l'hôtel, 45 minutes de trajet à pied jusqu'au port d'embarquement, du "Star ferry". Inaugurés en 1888, ces bateaux permettent de rejoindre les quartiers de l'autre côté du port. Ils sont devenus une véritable attraction touristique, mais restent aussi un moyen de transport très prisé des habitants de Hong-Kong, très bon marché (0,20 euro la traversée), et très agréable. De Central, il met 7 minutes pour rejoindre le quartier Tsim Sha Tsui. On regrette toujours d'être déjà arrivés.

Dans Nathan road, nous comparons les prix du visa pour la Chine.

Si pour rentrer à Hong-Kong aucun visa n'est nécessaire (séjour de 3 mois),  pour la Chine du continent, il est obligatoire. On peut se le procurer en France, mais aussi à Hong-Kong, très facilement.

Les prix du CITS (China International Travel Service) s'avèrent être plus intéressants que ceux de l'agence d'à côté où nous allons habituellement: 830$/personne pour les avoir lundi, 560 (55euros) pour mardi. Nous choisissons d'attendre mardi. En cinq minutes les formalités sont faites: nous laissons les passeports, deux photos, et le formulaire rempli sans difficultés. Un reçu nous est donné.

Il ne nous reste plus qu'à tuer le temps en attendant mardi 14h.

 

A Hong-Kong la vie est facile, un peu chère, mais facile. La majorité des gens parlent le cantonnais, mais l'anglais est très largement utilisé. Dans la rue, les indications s'affichent dans les deux langues, même si, depuis 1997, Hong-Kong n'est plus colonie britannique. C'est un mélange de tradition et de modernité.
 
C'est un peu la "Chine pour les nuls"

Un petit tour à Mirador Mansion, à la « New Garden Guest house », une pension où nous allons d'habitude : nous avons confirmation que le rapport qualité prix n'y est pas : 320$hk (32 euros) c'est ce qui est demandé pour une chambre très médiocre, dans cet immeuble très particulier, un peu délabré, une véritable tour de Babel,  fréquenté traditionnellement par les routards...

Dans l'entrée du non moins célèbre Chungqing Mansion,

nous allons à notre bureau de change habituel, tenu par des indiens : taux imbattable ! Et bien plus intéressant qu'à l'aéroport (10,98 au lieu de 9, 95).
En deux temps trois mouvements l'affaire est conclue : jamais d'embrouille.

Nous retournons dans la chambre, où nous réservons 2 nuits supplémentaires par Internet mais dans un autre hôtel, situé à la station de métro de Yalu ma tei, le Wing Sing hôtel (29 euros). Son emplacement sera plus pratique pour notre départ vers la Chine, plus proche du départ du bus.

Vers 16h, nous ressortons. Il pleut un peu. Il y a une alarme typhon n°3. Pas de panique : c'est la saison.

Promenade dans les rues et multiples centres commerciaux du quartier.

Retour à l'hôtel : dans le hall un panneau indique que l'alarme est force 8 pour le typhon,

c'est à dire que le vent monte, et qu'il va y avoir de fortes pluies à partir de cette nuit... Effectivement, grosses averses et vent violent toute la nuit. Il parait que Hong-Kong est bien protégé, et qu’on n’y risque pas grand chose. Je préfère le croire.

Dimanche 19 juillet 

Hong-Kong

Décalage horaire... nous ouvrons un oeil à...11h ! ! 

11h30, nous sommes dans le hall de l'hôtel  avec les sacs sur le dos.

Il tombe des trombes d'eau, aussi décidons nous de prendre le bus navette de l'hôtel (gratuit) jusqu'au métro Admiralty, afin de gagner notre nouvel hôtel à Kowloon par le métro jusque l'arrêt Yau Ma Tei, prés duquel se trouve l'hôtel Wing Sing (18,Wing Sing Lane).

 On circule facilement par le métro : les indications sont claires. Dans la voiture, non seulement les stations sont annoncées par haut parleur, mais un affichage lumineux montre en permanence où l'on se trouve sur la ligne. La « Chine pour les nuls » je confirme.

A cinq minutes du métro, notre nouvel hôtel, un peu moins avenant que le précédent.

Au comptoir, l'hôtesse arbore un masque, grippe porcine oblige... Nous annonçons notre réservation... elle dit ne rien avoir. Jean-Claude n'a plus le petit papier sur lequel j'ai griffonné hier le nom, l'adresse de l'hôtel et surtout le numéro de réservation. Je lui ai confié à la sortie du métro pour qu'il lise l'adresse exacte. Pendant qu'il sort l'ordinateur pour tenter une connexion afin de montrer le mail de confirmation de Opodo, je cours dans la rue pour essayer de retrouver le foutu petit papier que Jean Claude a dû faire tomber par terre. Évidemment, je reviens bredouille...  Jean-Claude a acheté une carte de 20 $ au comptoir de l'hôtel pour avoir 1h de Wifi. La panique s'installant, impossible de connecter notre ordinateur. L'hôtesse propose d'utiliser celui de l'hôtel. Après une demie heure de bataille avec le clavier américain, et la rentrée des codes, nous parvenons à afficher le fameux mail de Opodo. Nous le mettons sous le nez de l'employée qui y trouve un numéro de réservation apparemment intéressant pour elle. Elle repart derrière son comptoir, difficile de deviner son humeur, le masque cachant la moitié de son visage. Elle passe quelques coups de fil, calmement. Le fax finit par ronronner, et elle agite bientôt une feuille dans notre direction : c’est bon! Elle a la réservation... ouf

Installation dans notre nouvelle chambre, moins luxueuse mais confortable.

Il est un peu plus de 14h quand nous partons à la recherche d'un resto. Repas de curry thaïlandais pour 90 $ au total.

Promenade dans notre nouveau quartier. Nous nous contentons de nous balader, sans faire de visite de sites touristiques... cela fait au moins huit fois que nous venons à Hong-Kong.

Nous tombons deux fois de suite sur un nouveau type de commerce ici : des magasins vendant des chiots et surtout de magnifiques chatons, installés, comme chez nous, en vitrine. Fini le temps où ces animaux n'était vendus que pour être mangés. La Chine est passée à l'autre extrême, comme chez nous : dans les parcs, on promène son chien, on l'expose bien en évidence pour qu'il puisse être admiré par tous les passants, on l'habille évidemment du même manteau ridicule. J'ai même vu une fois un chien tout blanc avec les oreilles et la queue rose vif. Comme si ça ne suffisait pas on lui avait mis une petite robe en dentelle. Son maître le promenait fièrement dans le jardin public. Je peux vous dire que seul le chien n'était pas fier.

C'est la période des pluies, et c'est sans doute cela qui fait que la mode chez certaines jeunes filles, est le port de bottes en caoutchouc, le plus souvent décorées de motifs colorés. J'imagine qu'avec la chaleur, elles ne les porteront pas longtemps et reviendront aux tongs ou aux sandales...

Le temps semble s'améliorer. Il ne pleut plus depuis le début de l'après midi.

Réservation sur Internet de l'hôtel à Canton : le V8 que nous connaissons, en allant directement sur leur site (chambre standard à 168Y, soit environ 17 euros) Je note le numéro de réservation sur un papier que je range dans ma pochette, où je découvre... le fameux papier que je croyais avoir confié à Jean-Claude et que j'ai accusé ce matin de l'avoir perdu... il avait pourtant bien crié son innocence!

Le soir, balade dans le marché de nuit installé dans les rues adjacentes à l'hôtel. On y vend de tout : tee-shirt, casquettes, antiquités toutes neuves, sex-toys, cadenas, lampes, etc. Il y a aussi des tas de petits restos de plein air où les gens du quartier prennent leur repas. Dans un recoin, une chanteuse plus très jeune se tortille et chante en s'égosillant dans un micro. Autour d'elle quelques tables et chaises miniatures, où des clients commencent à s'installer pour boire une bière; À deux pas, c'est un orchestre traditionnel qui joue, pour accompagner des chanteurs d'opéra. Tous sont des gens du quartier, heureux de se retrouver là tous les soirs, au frais.

Lundi 20 juillet  

Hong Kong

Ce matin, nous réussissons à nous lever à 7h, car nous avons rendez vous avec William!

A peine une demie heure plus tard, nous sommes dans la rue, direction l'avenue des stars où il y a aujourd’hui un cours de taï chi avec "William et Pandora", cours gratuit, de 8h à 9h, organisé par l'office de tourisme de Hong-Kong. Nous connaissons ce cours puisque nous y sommes déjà allés les années précédentes. C'est un plaisir de faire quelques mouvements de Taïchi dans ce cadre... face à nous, de l'autre côté de l'eau les magnifiques gratte-ciel de l'île de Hong-Kong; et sur l'eau une multitude de bateaux divers et variés.

Prés de la fameuse tour de l'horloge

 où nous nous sommes arrêtés pour faire des photos, nous remarquons des panneaux "Wifi" gratuit dans ce secteur... nous nous asseyons, sortons l'ordinateur du sac et... ça marche : nous voici bientôt en train de lire des messages de papa, et de Christine qui demande des adresses de magasins italiens à Nice. Jean-Claude lui renvoie de suite un message; Qui ose dire qu'Internet ça sert à rien!!!

Nous prenons ensuite le Star ferry pour rejoindre l'île de Hong-Kong, afin de visiter tout de même le temple Man Mo, le plus ancien de Hong-Kong, il date de 1847. Il est à présent coincé, et écrasé par les buildings environnants. Mais à l'intérieur, l'ambiance est au recueillement, dans une fumée d'encens épaisse et entêtante. Au plafond, des dizaines et des dizaines de spirales d'encens brûlent et fument. Quelques photos...

Il est maintenant midi. Nous prenons le vieux tram à 2 étages. Ces tramways à l'ancienne sont un héritage de l'époque britannique, eux aussi, et bien que devenus eux aussi attraction touristique, ils restent un moyen de transport très utilisé dans l'île de Hong-Kong. On paye en descendant en mettant 2 $ dans la boite située à la porte.

  Après quelque recherches, nous trouvons un resto qui fait du porc laqué (2,5 euros la portion accompagnée de riz). C'est une espèce de self service. Jean-Claude se retrouve avec le plateau chargé des deux assiettes. La salle est pleine, pas moyen de trouver de la place pour s'asseoir... Jean-Claude, affamé, décide de sortir... pour manger dans la rue! Une vieille dame nous rattrape, et s'organise pour nous faire de la place,  nous voici bientôt installés pour casser la croûte, à peine avons nous pu remercier grand mère... elle a disparu.

Promenade dans les  magasins d'informatique, et dans les rues où le spectacle est permanent.

Retour à l'hôtel, après un long trajet à pied, passant par les diverses passerelles et centres commerciaux climatisés. Il y fait tellement froid que, lorsque je ressors dans la chaleur (32°) humide, à l'extérieur, mes lunettes se couvrent de buée.

Nous remarquons que les endroits "wifi gratuit" sont nombreux dans la ville, comme dans Kowloon Park par exemple.

Je n'ai vu aucune fille en botte de caoutchouc, aujourd'hui... ça doit donc se porter uniquement les jours de pluie.

Le soir, petite scène de rue : un vieux monsieur s'est installé sous les néons d'un grand magasin, face aux miroirs de la façade pour s'épiler le menton... est ce parce qu'il fait ici beaucoup plus clair que chez lui, ou est il pressé d'essayer sa nouvelle pince à épiler?

Mardi 21 juillet

Hong-Kong - - - Guangzhou (Canton)

A 14 h nous récupérons les passeports, avec les visas. Nous sommes rassurés: le visa est bien valable trois mois, et non un mois comme indiqué sur le reçu.

Puis direction le métro que nous prenons jusque la station "Prince Edward". Le matin nous avons repéré que c'est dans le quartier que l'on peut prendre un bus DHK jusque Canton départ  15h20. Pas facile à trouver mais avec l’aide des passants, des commerçants du quartier et des policiers, nous avons fini par dénicher l’endroit. Les bureaux de la DHK sont un peu après la station de métro, derrière les bureaux de la police. Il fait très chaud et tout le monde se serre dans les locaux climatisés de la compagnie de bus.

Après les deux passages de frontière (Shenzhen, et Chine « Main land »), un autre bus nous prend en charge. Il y a des dizaines de bus qui attendent. Mais pas de panique car dés le départ nous avons été étiqueté d’un adhésif de couleur. Des hôtesses nous repêchent ainsi facilement dans la foule pour nous pousser vers le bon car.

Arrivée à Canton vers 19h, mais trop sûrs de nous, nous faisons quelques erreurs dans le métro, et nous arrivons très tard à l'hôtel V8, prés de la gare ferroviaire principale. Il est plus de 21h mais notre réservation n’a pas été annulée. Nous pouvons nous installer.

Mercredi 22 juillet

Canton --- Kunming en train

Dés le matin, nous allons à la gare pour réserver, si possible pour ce soir, des couchettes pour la ville de Kunming.

Au guichet, tout se passe bien : Jean-Claude est maintenant au point pour faire les demandes en chinois ; cela facilite bien les choses. L’employée derrière le guichet avait le front plissé en voyant arriver les deux « laowaï » (étrangers) que nous sommes. En entendant la demande en chinois elle se décontracte, va même jusqu’à être souriante.

Le  train est pour ce soir 21h, en couchettes (niveau moyen) (341 yuans, environ 34 euros) pour aller à Kunming, situé à 1600 kilomètres de distance ferroviaire. Nous savons que le trajet va durer plus de 20 heures

Nous libérons la chambre et laissons les sacs en consigne dans l'hôtel,  jusqu'à ce soir. Ce genre de service est offert partout en Chine, bien souvent gratuitement, ou pour une somme modique (0,20 euros). Et on peut y laisser ses bagages en toute confiance.

Ballade dans Canton, Chaleur étouffante. même les parcs n'arrivent pas à nous apporter de la fraîcheur. Seule la clim des grands magasins arrive à nous "refroidir", mais hélas, un peu trop.

Nous allons changer de l’argent pour la suite du voyage. A la première agence de la Banque de Chine, l'employé est contrarié car nous n'avons pas de numéro de téléphone et de nom d'hôtel à donner... A la deuxième banque nous donnons un nom d'hôtel pris au hasard dans notre guide et le numéro de téléphone correspondant. Ça marche... l'employé peut remplir la case de l'imprimé, c'est ce qui compte pour lui, et nous fait le change.

 En Chine c’est toujours une affaire d’état pour changer l’argent. On ne peut le faire qu’à la Banque de Chine. Les autres banques ne peuvent pas. Il n’y a pas de bureaux de change privé. L’opération dure un bout de temps : remplissage d’imprimés divers, contrôle et photocopie des passeports, contrôle des paperasses par le chef, tampon rouge sur les reçus, compte et recompte des billets à la machine.

C’est arrivé que nos deux, oui, nos DEUX billets de 100 euros soient passés à la machine à compter les billets : « Y’en a-t-il bien deux ? » la machine confirme ; le chiffre 2 s’affiche en rouge ! Malgré nos regards rigolards derrière la vitre, l’employé persiste et continue le contrôle…il remet les 2 billets dans la machine : ouais y’en a bien 2, la machine confirme. Dommage, on aurait aimé qu’elle en trouve un troisième.

Chaque billet en euros est examiné de très prés. Un jour, l’un d’eux avait une petite  égratignure d’un millimètre. Cela n’a pas échappé à l’employé qui nous l’a rendu d’un air dégoûté. Autant dire que ça n’a pas vraiment plu à Jean-Claude. Lorsqu’il a eu ses Yuans en échange, il a lui aussi examiné un par un les billets, et a demandé l’échange d’un billet de 10 Yuans (1 euro) qui lui semblait pas très frais…L’employé l’a changé, sans broncher, avec le sourire même. Il est bien placé pour comprendre. Il en aurait fait autant. En Chine, « ne pas perdre la face » c’est important, c’est un exercice de chaque instant.

C'est aujourd'hui que doit avoir lieu l'éclipse de soleil. La télé nous en "parle" depuis quelques jours. Du moins nous le comprenons aux images. Les présentateurs en font des tartines .Mais nous n’avons accordé qu’une oreille distraite à la

 chose et nous ne savons pas à quelle heure elle va se produire.

 

A 9h 25 nous rentrons dans un magasin, nous en sortons a 9h 35... c'est la fin de l'éclipse : le soleil est en train de réapparaître... Raté!!!

Juste le temps de prendre en photo quelques chinois en train d'observer les derniers instants.

Au  retour je consulte internet. Le site de l’ambassade de France en Chine donnait des conseils :

« Vous ne devez pas observer l’éclipse :

- directement

- au travers de films photographiques

- dans un appareil photographique

- au travers de plastique ou de verre coloré

- au travers de lunettes de soleil

- sur une surface réfléchissante comme un miroir, une surface chromé. »

.J’ai inséré ce texte dans ce journal : cela m’évite de vous décrire les moyens que j’ai vu utiliser par les Cantonnais dans les dernières secondes de l’éclipse. J’en rigole encore.

Le site précisait :

« Eclipse d’une durée maximum de 6 minutes 39 secondes, la plus longue du XXI ème siècle » 

 Ah ça, j’aurais pas cru !

Et puis :

« Des astronomes du monde entier sont venus observer l’éclipse »

 

J’ai arrêté de lire, je commençais à avoir le début d’un commencement de remord : pourquoi étais- je resté un peu trop longtemps dans cette librairie, à dévorer les livres de peinture ?

Vers 20h nous récupérons nos sacs laissés en consigne et nous entrons dans la gare : une vraie fourmilière. Des milliers de gens vont et viennent. La gare est immense, mais nous trouvons assez facilement la salle d'attente.

En Chine on n’attend pas le train sur le quai, mais dans d'immenses salles, d'où l'on est dirigé ensuite vers le quai, seulement un quart d'heure avant le départ. Bien sûr à ce moment là, c'est la ruée vers l'or. Pas de réelles bousculades mais on est pris dans un flot de voyageurs et de sacs. Il fut juste s'accrocher un peu.

Notre train comporte 18 voitures de 66 places environ…Faites le compte!

Un coup d'oeil sur nos billets: "Voiture 18, couchettes 7 et 8 niveau moyen"  Nous arrivons à nos places sans nous tromper... comme des grands.

Les couchettes sont sur trois étages : bas, moyen et haut. Celles du bas sont les plus pratiques, mais pas faciles à avoir car très demandées. Et dans la journée, on peut toutefois s’y retrouver assis avec quelques autres voyageurs. Celles du haut demandent d’avoir un goût prononcé pour l’escalade. Le niveau moyen est un bon compromis: quand on veut bavarder , ou manger, on descend, quand on veut se reposer, on remonte sur son perchoir.

Dés la montée dans le train, la contrôleuse nous prend les billets et les échange contre des plaquettes. Elle range tous les billets dans un classeur et peut ainsi avertir chaque voyageur une heure avant son arrivée à destination. Jean Claude lui demande quand nous arrivons. Réponse : demain 23h 30... On compte, on recompte sur les doigts : ça fait bien 26h30. Aïe !

Un peu d'acrobatie pour atteindre notre couchette, située à environ 1m 50 de haut. Il faut d'abord mettre un pied sur une des couchettes du bas, puis l'autre sur un petit marche pied dans le mur, et après faire comme on peut...

A 22h presque tout le monde est dans sa couchette et dort. Nous ne tardons pas à en faire autant, bercés par le mouvement du train.

Jeudi 23juillet

Canton--Kunming en train

Une journée dans le train, une journée qui passe vite finalement. Au moment des repas une employée passe avec un petit chariot contenant des assiettes repas, sous plastique : riz, viande, légumes, tout y est. 

Grâce au distributeur d'eau chaude situé en bout de voiture, on peut se faire un petit café. Il y a toujours de l'eau chaude en Chine, où que l'on soit... Pas question pour un Chinois de s'en passer, pour remplir un thermos ou un bocal qu'il trimbale avec lui, partout. L'eau est bue nature ou aromatisée avec quelques feuilles de thé mises au fond du récipient en début de journée.

Arrivée à Kunming, "la ville de l'éternel printemps".

Il est 23h 30. A la sortie de la gare, nous repérons tout de suite un hôtel : nous tentons notre chance, et pour 10 euros nous nous retrouvons dix minutes après dans une magnifique chambre digne d'un 3 étoiles. Nous n'en revenons pas et nous décidons de fêter ça : pourquoi pas une glace au marchand du coin? Un coup de chance, nous en trouvons au chocolat. En Chine on trouve parfois des glaces sur l'emballage desquelles on peut voir un épi de maïs, ou encore des petits pois., ou des fruits inconnus... on est alors en droit de se poser des questions sur le parfum de l'esquimau en question.

Vendredi 24 juillet

Kunming - - - Dali (1900m)

Le petit déjeuner est compris dans le prix de la chambre, aussi à 7h 30, nous nous présentons dans l'immense salle à manger où le buffet a été dressé... mais c'est un petit déjeuner à la chinoise: toutes sortes de pâtes, riz, soupe de riz, légumes, viandes, sauces, condiments, bouillons pour se confectionner une bonne "soussoupe". Mais notre estomac n'est pas d'accord. Heureusement, dans un coin du buffet, un plateau rempli de gâteaux : ils ressemblent à de petites éponges mais font notre "bonheur". Bizarrement pour nous, pas de thé au petit déjeuner... les chinois boivent de la soupe.

Nous voilà prêt pour le trajet en bus jusqu'à Dali, 300 km environ, 5h de trajet (94yuan/p) .Le bus est assez confortable. Le voyage se passe  bien sauf les 10 minutes où notre voisin se met à fumer une cigarette avec une énorme pipe à eau, en bambou. Il fait d'énormes volutes de fumée, très jolies d'ailleurs, et nous asphyxie. Le chauffeur crie bien fort qu'il est interdit de fumer, mais n'insiste pas. Notre fumeur a décidé de toute façon de finir sa cigarette, et ce n'est pas le regard noir de Jean Claude qui le gêne...

 

Nous arrivons à Dali à 12h 45. Mais il faut préciser qu'il y a deux Dali : la ville nouvelle où nous venons d'arriver et la ville ancienne, touristique, où nous allons, à 8km. Un taxi nous accoste dés notre descente de bus. Après marchandage il est d'accord pour nous y emmener pour 30yuan (3euros). A peine sommes nous montés qu'il nous dit que c'est 35 yuans... Jean Claude n'aime pas être pris pour un con... et nous descendons du taxi.

Un triporteur motorisé nous accoste et nous propose alors de nous emmener pour la somme convenue. Nous nous installons comme nous pouvons avec les sacs dans l'étroit véhicule. Mais nous nous apercevons bien vite que le moteur est un peu fatigué, dans les montées il fait un bruit d'enfer. Nous ne pouvons même pas laisser nos pieds sur le plancher tellement les vibrations sont fortes. Tout cela pour malgré tout avancer à une allure d'escargot, au milieu du flot de voitures et de bus. Nous arrivons finalement à Dali, où, la chance est avec nous, le triporteur vire brusquement à gauche et rentre dans la cour de l'auberge où nous voulions aller

: la MCA guest house (chambre à 10 euros, balcon avec vue sur le lac... super).

Nous y sommes venus il y a quelques années.

Dali est à 1900m, et ici la température est plus douce.

Nous connaissons déjà Dali.

C'est cette fois simplement une étape sur le chemin que nous espérons faire dans les régions du Kham et de l'Amdo.

Ces régions font  partie du Grand Tibet .  Vers 1950, le Tibet est transformé en "région autonome du Tibet", et amputé du Kham et de l'Amdo, rattachés à des provinces chinoises (Yunnan, Sichuan, Gansu, Qinghai).

De cette façon, le poids économique et politique du Tibet s'est retrouvé réduit, et surtout privé des forces les plus rétives à l'occupation, en particuliers des terribles guerriers Khampas.

Pour les voyageurs en solitaire comme nous, il faut des permis spéciaux pour aller à Lhassa et dans le reste de la" région autonome du Tibet". Par contre aucun  permis n'est demandé pour voyager  dans ces régions tibétaines du  Kham et de l'Amdo. Celles ci sont toutefois surveillées étroitement, et parfois fermées aux voyageurs, comme lors des révoltes des moines l'année dernière.

Le soir, envoi de mail aux parents et aux Boivin's, grâce au net book que nous avons emmené avec nous, cette fois. On peut se connecter en wifi dans la salle à manger de l'auberge, gratuitement bien sûr. Nous lisons nos mails : l'un vient de Brigitte Grand qui nous donne des nouvelles plutôt optimistes de Alain. Nous pensons à lui.

 L'autre mail vient de Stéphane et Christine qui passent une semaine de vacances dans notre appartement. Nous sommes ravis : dans le mail, il y a les cartes demandées. En effet, ce matin, stupeur! Jean-Claude s'est rendu compte qu'il n'avait pas mis sur le net book les cartes d'itinéraire du voyage qu'il avait préparé depuis deux mois, sur l'ordinateur de la maison!

Qui ose dire qu'Internet sert à rien? Oui, je l'ai déjà dit mais bon!

Repas de poulet aux cacahuètes, spécialité du Sichuan, et de nouilles sautées au poulet pour moi. Dans un magasin, je me laisse tenter par un paquet de fruits oranges séchés, en lanières, que je crois être de la mangue. Au goût, il me semble que c'est autre chose... un peu plus fade! Peut être du potiron? Jean Claude déchiffre l'étiquette et me confirme. J'aurais dû lui faire lire avant! Finalement je me fais à ce goût, et je grignote la moitié du paquet.

Vers 21h nous nous décidons à aller voir en ville si nous pouvons acheter un billet de bus pour Lijiang pour demain. Tous les restos et terrasses sont pleins de touristes chinois en grande majorité. C'est la fête et l'ambiance est bon enfant. Des agences sont encore ouvertes: les grands bus, rapides, sont proposés de 58yuans à 65 mais malheureusement ils sont complets pour demain. Une petite agence aux publicités tout en chinois nous propose pour 45 yuans/p un minibus à 8h30 demain. La jeune employée est sympathique, et, moitié en anglais moitié en chinois nous faisons affaire.

Samedi 25 juillet

Dali - - - Lijiang (2100m)

Il a beaucoup plu cette nuit.

A 7h 30, départ de la chambre. Nous attendons le bus devant l'agence. Pendant l'attente, petit échange de leçons d'anglais et de chinois entre la jeune fille de l'agence et Jean-Claude.

Le minibus de 18 places arrive juste à l'heure. Au bout d'une heure et demie nous sommes dans le brouillard, sur une route de montagne.
 
Et il recommence à pleuvoir. Heureusement, le chauffeur roule doucement. 

Au bout de 2h de trajet, le bus s'arrête sur un grand parking au milieu d'une centaine de bus : 20 minutes d'arrêt sont annoncées par le chauffeur. Il nous remet à chacun un badge et nous descendons du bus pour ce que nous croyons être un arrêt pipi habituel. Nous pénétrons dans un immense hangar genre marché couvert, rempli de marchands de bijoux...

Les toilettes sont au fond du bâtiment et sont  à la mesure de l'endroit : rien que pour les toilettes femmes j'en compte 120!

Notre voisine de car a acheté un bracelet en jade. Son mari semble septique sur son authenticité : il grimace à n'en plus finir en le regardant à la lumière... Elle lui reprend brusquement des mains et le remet à son poignet, visiblement très heureuse de son achat.

Reprise de la route. Nous traversons des forêts (eucalyptus, sapins, etc.), des rizières, des champs de tabac. Partout les gens travaillent dans les champs, et beaucoup de femmes portent des costumes traditionnels.

Enfin, après 4heures 30 de route au total, nous atteignons Lijiang. Le bus s'arrête dans la nouvelle ville, et un quart d'heure de marche nous permet d'atteindre le vieille ville, que nous avons déjà vu deux fois mais qui vaut le détour avec ses maisons traditionnelles, rues et ruelles pavées, petits cours d'eau, ponts... Ici, uniquement des piétons. 

Avant tout, nous nous arrêtons au Lamu's restaurant qui fait de la cuisine tibétaine : repas de momos, les raviolis tibétains cuits à la vapeur. Miam!
 
 
Ce resto décoré à la tibétaine est sympathique, et excellent, et le personnel est très sympathique. Nous l'avons connu lors de voyages précédents, et c'est à chaque fois notre cantine attitrée pour le séjour.

La pluie se remet à tomber, rendant les pavés tout brillants et un peu glissants...

Il s'agit maintenant de trouver une chambre. Nous retrouvons au détour d'une ruelle notre auberge habituelle, dans une maison traditionnelle : quelques chambres, donnant sur une cour intérieure remplie de plantes en pots de toutes sortes : un oasis de calme. (80 yuans soit 8 euros)

Promenade en ville où de nombreuses agences proposent des excursions dans les environs. Nous hésitons à aller à la montagne du Dragon de Jade, 4500m... surtout avec le temps incertain. Le prix est de 450 yuans pour l'excursion d'une journée, téléphérique compris.

Nous voyons annoncé sur le mur d'une dernière agence dans laquelle nous rentrons qu'une excursion de 2 jours est proposée pour le lac Lugu : un endroit qui nous tentait, mais auquel nous avions renoncé car assez long à faire par nous même. Le prix demandé est de 260 yuans (27 euros par personne pour les 2 jours). Les explications  ne sont pas évidentes pour l'employée qui ne parle que chinois. Elle passe à Jean Claude le téléphone... au bout du fil, un homme renseigne en anglais, cela suffit pour nous convaincre : tout est compris... un peu étonnant! La jeune fille nous fait signer des tas de papiers, un contrat de voyage de quatre pages auquel nous ne comprenons rien. Tout ce qui est sûr c'est que nous partons demain pour le lac Lugu.

Nous sommes contents de faire ce petit voyage, et également de faire cette expérience de voyage organisé avec un groupe de chinois. Curiosité, mêlée d'appréhension...

 

Dimanche 26 juillet

Lac Lugu (2700m) 

A 8h nous nous présentons comme prévu devant l'agence. L'employé téléphone  "les deux "laowaï" sont là ! dit elle, ne se doutant pas que Jean-Claude comprend. Le mot "laowaï" signifie étranger, mais dans le sens "honorable étranger". Il existe un autre mot pour désigner un étranger de façon beaucoup moins sympathique : "Gui Low", qui veut dire diable d'étranger. En 1995, il n'était pas rare d'entendre ce mot là à notre propos. Depuis une dizaine d'année, nous sommes plutôt qualifiés de "laowai".

Un homme vient nous chercher et nous conduit au minibus, garé sur un parking à 5 minutes de marche. Dans le bus quelques personnes sont déjà installées, et tout de suite ils nous font bon accueil. Deux places restent à l'avant, à leur côté. C'est une famille composée du père professeur, de la mère danseuse, habillée de façon excentrique, du fils et de sa copine, Ces derniers parlent quelques mots d'anglais et vont nous aider tout au long de ces deux jours pour comprendre au mieux le guide qui ne parle que chinois. Au total nous ne sommes que quinze voyageurs, petit groupe qui s'annonce bien...

Le guide est un jeune homme habillé à la mode Mossu, d'une veste jaune vif brodée, et d'un chapeau style cow-boy.

I
l prend le micro, et commence un long discours d'explication sur le voyage et les coutumes du peuple vivant autour du lac, les Mossu, exposé un peu difficile à supporter quand on ne comprends rien et que surtout, il y a un "léger" écho dans le bus.

Puis nos compagnons de voyage nous expliquent qu'il faut payer 180 yuans par personne pour les suppléments des activités diverses dont le droit d'accès au lac qui est de 80 yuans... Après un bref moment d'étonnement nous leur faisons confiance, car le coût total de 45 euros pour deux jours par personne nous semble correct. Et nous payons, comme tout le monde dans le bus;

Cela fait, les choses sérieuses peuvent commencer... Vient alors le moment des chansons : d'abord le guide entonne quelques chants, puis c'est le tour de chacun des passagers. Chacun vient à l'avant du bus, prends le micro, s'assied face à tout le monde, et pousse la chansonnette.

 

A chaque fois, la chanson est suivie de cris et d'applaudissements. Bien sûr, notre tour arrive ; on nous supplie... pas moyen d'y échapper ; nous chantons chacun notre tour " Frère Jacques". Ma voix fausse résonne bientôt dans le mini bus, à la plus grande joie de nos compagnons. Gros succès!

Après une heure et demie de trajet le bus s'arrête pour ce que nous croyons être un arrêt pipi. Plus d'une dizaine de bus et des voitures sont à l'arrêt, juste avant le pont qui franchit un grand fleuve. En fait, il y a un éboulement plus loin sur la route. Tout les gens sont descendus des véhicules. C'est l'occasion de bavarder avec les uns et les autres. Des automobilistes se sont installés par terre entre leurs voitures et jouent au mah-jong. Bref, cet arrêt imprévu devient un bon moment...

Le bulldozer arrive au bout d'une bonne heure, sous les acclamations de la foule; et un quart d'heure après, le convoi de voitures et de bus démarre. Nous passons effectivement par un tronçon de route très endommagée. Elle est étroite, en très mauvais état, et longe un précipice avec, au fond le fleuve... impressionnant.

Par moment la route est bonne, quoique toujours étroite. Parfois, il y a des restes d'éboulement, boue, rochers qui ne laissent le passage que pour un seul véhicule ; Nous aurons droit aussi au brouillard, à la pluie, sans compter les virages; Mais le paysage est magnifique et fait oublier ces soucis.

 Au fil des heures nous passons de vallées en vallées, en montant, descendant, remontant... bref, il faudra prés de 9 heures pour atteindre le lac Lugu.

Nous faisons un arrêt au point de vue qui surplombe ce lac immense, 54 km², 2700m d'altitude, entouré de montagnes. Tout le paysage se décline dans une variété de tons bleutés. Mais pas le temps malheureusement de sortir la boîte d'aquarelle! Juste quelques photos, sans compter celle que le guide veut faire pour nous : Jean-Claude et moi devant le lac, photo souvenir obligatoire pour tout bon touriste qui se respecte. Il nous faut bientôt descendre vers le lac, par une route étroite et pavée.

Arrivés sur les rives, nous commençons à contourner le lac, en faisant de temps à autre des arrêts photos.  Tous les points de vues sont splendides. Il y a deux petites îles sur le lac, et de jolies criques. J'aimerais que l'on s'arrête plus souvent.

D'ailleurs, au moment où le bus marque un arrêt pour laisser passage à un autre véhicule,  je crois à un arrêt photo, et je bondis littéralement de mon siège vers la porte de sortie. Je suis la seule... évidemment, et je déclenche l'hilarité des passagers, y compris Jean-Claude

Il y a même un arrêt sur une sorte de petite plage. Chacun trempe les pieds, ou les mains dans l'eau.

On se photographie de plus belle en train de patauger dans le lac. Un chinois, un seul, est en train de nager à quelques mètres de la rive. Ce "rebelle" impressionne tout le monde car un panneau avertit : baignade interdite...

Vient ensuite la visite d’une maison typique Mossu, l'ethnie qui vit dans la région du lac. Il est 18h ; Dans la salle à manger meublée de tables basses et petits bancs, avec un feu de bois, un repas de spécialités nous est servi, en particulier de la volaille que nous avions vu rôtir dans la cour. Délicieux! Pour faire passer tout ça, du thé au beurre... beurk.

Puis, de grands flacons d'alcool maison sont apportés par nos hôtes. Nous sommes à la table des chinois qui nous ont pris en amitié dés le début de la journée. Les verres d'alcool sont remplis sans arrêt à grand coup de "ganbeï" (santé!).

Nous essayons au mieux de limiter le nombre de verres. Tout le monde sort de là, la mine réjouie, les joues rouges, et remonte dans le bus.

Et nous voilà reparti pour le tour du lac.

Le guide donne quelques explications, mais apparemment il a également usé et abusé de l'alcool et son élocution en prend un coup. Tout le monde rigole... c'est un bon moment, on est heureux je crois bien.

Un autre arrêt pour une promenade jusqu'à un petit pont de bois, d'où nous voyons le lac dans les dernières lueurs du soleil. La moitié du groupe fait la promenade à dos de mules, menées par les Mossus, hommes et femmes. Leur accueil est remarquablement empreint de gentillesse, et de gaîté naturelle.

Le repas du soir est pris dans la maison où nous avons déjà mangé en fin d'après midi. Le guide arrive bientôt à notre table, la mine réjouie, un flacon d'alcool à la main, évidemment. Nous nous éclipsons... et sortons dans la grande cour intérieure où un spectacle de danses Mossu bat son plein, à la lueur de quelques lampes et d'un grand feu de bois.

Tout finit par de grandes rondes où Mossus et Chinois se tiennent par la main. Etranges farandoles...

Il est  prés de 22h, le bus nous emmène à notre hôtel. Il est prés de minuit lorsque nous nous couchons. Elle n'est pas de tout repos la vie du touriste chinois!

27 juillet

Lac Lugu

 A 6h du matin, réveil en fanfare. Toilette de chat.

Le soleil n'est pas levé, et du haut de la terrasse de l'auberge le lac et les montagnes apparaissent dans un dégradé de bleus foncés. Magique.

 

Le guide nous a prévenu hier soir : tout le monde doit être dans la salle à manger à 6h 30 pour le petit déjeuner. Autant dire que nos estomacs ne sont  pas d'accord pour avaler la soupe de nouille, agrémentée d'une sauce piquante, qui fume au milieu de la table, dans un énorme saladier.

Nos mines dégoûtées font pleurer de rire nos compagnons de voyage. Et quand nous sortons triomphalement de nos sacs des briquettes de lait chocolaté "des trucs pour les enfants"  ils n'en peuvent plus ...

Il est à peine 7h quand nous partons d'un bon pas vers la rive du lac ; Des bateaux, genre pirogues très étroites, nous attendent. Nous sommes huit dans chaque embarcation. Ces bateaux sont aussi appelés "auge à cochon" du fait de leur forme. Nous allons rejoindre à la rame l'île qui se trouve au milieu du lac. Deux rameurs par bateaux, un homme et une femme d'origine Mossu.

Je suis assise face au rameur qui plonge avec énergie sa rame dans l'eau. Je me concentre à chaque coup de rame pour l'éviter... l'eau n'a pas l'air bien chaude. Au bout d'une grosse demie heure, nous accostons sur l'île. 

Un petit chemin nous mène au sommet où se trouve un temple. Une pluie fine commence à tomber.

Nous regagnons le bateau et refaisons le trajet vers la rive, cette fois sous une pluie battante et glacée, qui ne cessera pas jusqu'au soir.

La douche n'a pas fait baisser le moral de la troupe, les visites de maisons et autres temples autour du lac se succèdent.

On se retrouve même poussés tous les deux dans une pièce, puis, sans comprendre, à genou devant un lama, qui nous demande de joindre les mains devant lui... En nous les tenant, il prononce quelques formules, sacrées sans doute, puis son assistant attire notre attention vers la boite à ses côtés : il attend une offrande. Jean-Claude y met le billet de 5 yuans qu'il avait préparé... La somme est sans doute ridicule aux yeux du lama car il abrège la cérémonie, et malgré son calme et son sourire, on sent que ce n’est pas l'envie qui lui manque de nous flanquer un coup de pied au cul.

Nous tenons toujours à la main les deux petits bâtons de bois que l'on nous a donné en rentrant, en nous disant de faire un voeu. On nous conduit maintenant devant un chorten dans lequel est installé un petit foyer : il faut y brûler nos petits bouts de bois, sans doute pour que les voeux se réalisent. Mais avons nous eu une bénédiction suffisante pour que ce soit efficace? Nous verrons.

Nos compagnons de voyage ont été par contre visiblement impressionnés par l'entrevue avec le lama en question. Mais dans le bon sens. L'un d'eux en vient même à nous parler des bienfaits et mystères du bouddhisme.

Il est maintenant 10 h, et il est temps de faire les 9 heures de route du retour...

Dans le car, tous semblent avoir maintenant un petit coup de fatigue, et s'endorment. Ils se réveillent juste pour l'arrêt repas.

Peu avant d'arriver à Lijiang, ils nous demandent ce que nous faisons demain. Nous leur disons que nous continuons à monter vers le Nord, vers Zhongdian. "Formidable, nous aussi! Inscrivez vous dans le même voyage, venez avec nous... "

 A leur grand étonnement, nous leur expliquons que, dés demain, nous reprenons notre indépendance, que nous partons seuls, et que de toute façon le voyage ne fait que commencer : nous comptons aller encore plus loin vers le Nord. Ils sont déçus, et surtout un peu inquiets pour nous. Notre façon de voyager les laisse perplexes. Difficile de leur dire que la leur nous a bien amusé, mais pour un temps seulement.

Ils nous quittent avec des "Good luck!" à n'en plus finir.

 

Sous la pluie, nous regagnons en glissant sur les pavés de la vieille ville, notre auberge habituelle. Complète! Il ne nous était pas venu à l'esprit de réserver en partant hier matin. Juste à côté une autre petite auberge, tenue par une famille nous accueille. Notre fenêtre donne sur une minuscule cour intérieure. Nous sommes pratiquement chez eux. D'ailleurs c'est sous notre fenêtre qu'ils mettent la table du repas.

Que faire demain? Il pleut toujours et la télé annonce des inondations au Sichuan.

28 juillet

Lijiang - - - Zhongdian (3300m)

Le temps semble plus clément. Nous partons.

Prendre le taxi est un luxe que nous ne nous autorisons jamais en France. Et donc en Chine nous n'avons pas toujours le réflexe d'utiliser ce mode de transport ; Dommage car il est très bon marché. Dans la plupart des villes le compteur affiche au départ 6 yuans (0,65 euro), puis 1,30 (0,15 euro) du kilomètre. Pour à peine plus d'un euro, nous allons de la vieille ville à la gare routière longue distance, nous épargnant une petite heure de marche.

Il est 8h30. Nous achetons un billet pour Zhongdian mais le bus ne part qu'à 10h... Dans la salle d'attente, nous tuons le temps en observant les autres voyageurs, qui nous le rendent bien.

La route n'est pas trop mauvaise: un seul passage sur un ancien éboulement. Nous longeons pendant un moment le fleuve Chang jiang, le "fleuve bleu", le fleuve le plus long de la Chine. Sa couleur est en fait plutôt marron, mais il est impressionnant. Paysage de montagnes bien vertes.

Au bout de 2heures petit arrêt pipi, et achat de brochettes de pommes de terre bien épicées et grillées, aux stands installés en plein air.

Puis arrive le col dont je me souvenais encore, puisque nous sommes venus ici il y a 3 ans. Après ce col, c'est très spectaculaire : on entre dans une autre région... Les visages sont différents, les maisons sont maintenant d'un autre style, nous sommes au Tibet, dans la région du KHAM.

 Après 200 kilomètres, 4heures de trajet, nous arrivons à Zhongdian, dans la nouvelle ville qui a bien grandi en 3 ans. Nous pensons prendre un taxi jusqu'à la vieille ville, mais un bus s'arrête prés de nous, c'est le numéro 1 : Jean Claude vérifie sa destination auprès du chauffeur : c'est bon. Pour payer chacun jette dans une grande caisse en carton l'argent, soit 10 yuans, et si on met un gros billet, on fouille dans la boîte et on récupère soi même la monnaie!!! Cool !

Nous faisons quelques auberges, et les chambres sont à 220 yuans, 160 yuans et lorsque nous tombons sur une petite auberge traditionnelle qui nous propose une chambre correcte à 80y (8euros), nous posons les sacs. Notre chambre est à l'étage. On y accède par un petit escalier de bois qui part de la cour intérieure.

Nous sentons un peu l'altitude: nous sommes à 3275m : Jean Claude a un peu mal à la tête et moi, je suis un peu essoufflée quand il s'agit de grimper les escaliers.

Pour nous l'étape dans cette ville est également un test: allons nous supporter l'altitude?

Sur la place, des barbecues sont installés. On choisit ses brochettes dans de grands plats, et on s'installe à table, dans la fumée, en attendant le festin... brochettes de poulet, de yak, et de champignons.

Quelques photos dans la ville où le soleil brille cet après midi. Beau ciel bleu.

La visite du temple dans la vieille ville est intéressante. En montant jusqu'à une terrasse sur le toit, nous surprenons deux moines en train de s'entraîner à jouer du gyaling, le hautbois tibétain. Ils ont sur la tête la coiffure typique des moines bouddhistes "bonnet jaune". Cette coiffe s'appelle aussi "crête de coq".

En contrebas du temple, nous ne ratons pas le fameux moulin à prière géant.

Il est 17h, mais nous décidons de partir voir le temple Songzanlin puisqu'il fait beau. Nous prenons le bus numéro 3, comme nous avions fait il y a 3 ans. Mais les choses ont changé. Le bus nous arrête avant d'arriver au temple, au niveau d'un grand bâtiment tout neuf et moche, en forme de temple. Le chauffeur nous dit de descendre.

En fait nous ne sommes pas arrivés, mais il y a maintenant un guichet, avec droit d'entrée de 80 y (8euros). Il n'est pas question de payer à cette heure, car il est déjà un peu tard; Nous voulons juste avancer un peu sur la route et voir le temple... Mais, en fait, le principe est maintenant de prendre un billet et d'aller jusqu'au temple un bon kilomètre plus loin, par bus spécial.

Nous décidons d'y aller à pied... mais un policier contrôle le passage, évidemment; En chinois il demande si nous allons au temple..;nous faisons ceux qui ne comprennent pas et Jean-Claude explique en gestes que nous voulons juste nous promener. Finalement il nous  fait signe de passer. Au bout de 500 mètres, au détour de la route, le temple apparaît enfin.

Après une petite marche agréable dans la campagne, nous nous retrouvons devant, nous rentrons... personne ne nous demande de ticket... et nous faisons la visite. Ce temple  tibétain est en pleine restauration, voire reconstruction par endroit. Il reste magnifique, mais a perdu un peu du charme que nous lui avions trouvé la première fois.

Retour par le bus, et repas dans un petit resto tibétain, de chausson au poulet;

Sur la place, les touristes chinois dansent sur des airs folkloriques, en compagnie des tibétains...

Le mal de tête de Jean-Claude a disparu. Nous nous sentons bien.

Même si tout se passe bien, il faut attendre  au moins un jour ici pour que l'organisme s'adapte à l'altitude. Nous aurons ainsi plus de chance de supporter les 4000m et plus qui nous attendent plus loin.

29 juillet Zhongdian

Le beau temps est revenu. Le ciel est bleu, du bleu lumineux de ces régions de montagne.

Promenades dans le marché de Zhongdian, où nous tombons en admiration devant un étalage de fromages de yak.

Non pas qu'ils soient appétissants, mais parce que nous n'avons encore jamais vu de yak et nous attendons ce moment avec impatience. Même ici, dans les pâturages autour de Zhongdian, ce sont des dzos, croisements avec les vaches et non de véritables yaks Car ces animaux vivent au dessus de 3500m.

Nous retournons au temple mais cette fois impossible d'échapper au péage. Nous refusons de prendre le bus, histoire de ne pas perdre la face, et faisons le kilomètre qui sépare le péage du temple, à pied.

Rien à faire, j'ai l'impression que quelque chose a changé depuis trois ans... Le temple est très beau, adossé à la colline mais..."Bon sang! bien sûr... il en manque un morceau!"

Difficile à croire mais il manque la grande partie centrale. Nous montons l'immense escalier qui mène au  temple.  Effectivement, un grand chantier est en cours... l e temple central a été abattu.

Un immense panneau  montre ce que sera la nouvelle construction : tout va être refait à l'identique mais neuf! on peut même dire "flambant neuf" .On ne restaure pas en Chine, on rase et on refait du vieux tout neuf. Difficile de s'y faire!

L'atmosphère est décontractée chez les moines. Beaucoup de très jeunes moines, qui courent à droite, à gauche. Ils sont comme tous les autres enfants : mangent des énormes glaces achetées au magasin de souvenir, et se battent entre eux pour s'amuser
.

L'atmosphère n'est de toute façon pas vraiment au recueillement: trop d'agitation, trop de touristes chinois, en visite ici comme s’ils étaient dans un musée, ou plutôt un parc d’attraction. Zhongdian a été rebaptisée Shangri La par les autorités chinoises, en vue d'en faire un lieu de tourisme : c'est réussi, il y a foule. Hélas !

Dans la vieille ville aussi, il est fini le temps où, le soir, toutes les rues retombaient dans l'obscurité et le silence. A 19 h, sur la place du village, les tibétains font quelques pas de danse, au son de la musique diffusée par haut parleur.

 Puis les touristes chinois sont invités à entrer dans la ronde. Le spectacle de la réconciliation entre les peuples se déroule devant les regards médusés de quelques routards, réfugiés dans les recoins de la place. Consternation!

Zhongdian marque l'entrée dans le monde tibétain,  mais sa relative commodité d'accès (il y a un aéroport), et la volonté des autorités chinoises en ont fait aujourd'hui la ville la plus touristique du Kham. Faut il s'en réjouir?

 

30 juillet    Zhongdian-(3275m) --Litang (4000m)

Le matin, vers 7h, nous prenons le bus pour Xiangcheng, étape sur la route de Litang.  Nous ne savons pas encore si nous nous y arrêterons. Ce qui importe c'est d'arriver  à temps au festival des cavaliers de Litang qui doit avoir lieu vers le 2 août.

C'est ici que l'aventure commence...

Après deux heures sur route goudronnée, une piste moyennement bonne nous fait franchir un col à 4200m. Le trajet va durer au total 8 heures, avec succession de cols situés entre 4000 et 4500m, de passages très difficiles sur une piste en terre, je devrais dire en boue; On se demande comment le bus arrive à se frayer un chemin dans la boue glissante et les ornières. Le chauffeur roule lentement et se débrouille bien, l'habitude sans doute. Il n'a pas le choix s'il veut éviter de partir dans le ravin lors des glissades.

Dans ces conditions, il est parfois difficile d'apprécier à fond le paysage. Nous sommes en moyenne à 4000m mais sous ces latitudes, la montagne est encore couverte de végétation. De très hauts sommets apparaissent.

Nous sommes ratatinés sur nos sièges.

Et de temps en temps nous sommes envoyés vers le haut. Nous décollons du siège où nous retombons ensuite comme des vulgaires paquets. Impossible d'éviter ça. Le choc est trop fort pour arriver à se tenir au siège de devant. Nos vertèbres vont en prendre un coup!

Les secousses, et la trouille sans doute: je me mets à avoir très mal au ventre. Au bout d'une demie heure je ne tiens plus, si je ne veux pas faire dans ma culotte il FAUT que le bus s'arrête.

Une petite accalmie dans les sursauts du car : j'en profite pour foncer vers la sortie.  En deux temps trois mouvements j'enjambe les sacs qui sont à terre, je m'accroche ici et là, à un siège, un bras, une tête, pour ne pas tomber, et je me retrouve à côté du chauffeur. Il est concentré sur cette foutue route. Tant pis!  J'attire son attention et fait de grands mouvements circulaires sur le ventre, avec la main. Il ne lui faut qu'un quart de seconde pour comprendre. Il freine et le "pschitt" de la porte qui s'ouvre ne se fait pas attendre.

Décidemment, il est excellent, ce chauffeur!

Je saute dans la boue, et en quelques glissades, je fonce derrière le bus, le rouleau de papier toilette à la main. Deux minutes après, je remonte dans le bus, fraîche comme une rose. Pas le temps de dire merci au chauffeur. Il redémarre à peine ais-je mis le pied dans le bus.

Dans ce car, un dizaine d'autres routards, en majorité de jeunes israéliens. Nous lions connaissance : ils vont aussi à Litang, et comptent y arriver aujourd'hui.

A l'approche de la ville de Xiangcheng, le goudron revient : une heure de route normale...

Avant la ville, le bus est arrêté à un poste de contrôle de la police. Deux policiers montent dans le bus et collectent les papiers d'identité de tous les passagers. Et les voilà partis dans le poste de police avec nos précieux passeports. Dans un premier temps, L'un d'eux revient avec deux passeports suisses, qu'il remet aux destinataires, soulagés. Les israéliens ne tardent pas à avoir les leurs. Puis deux passagers, tibétains d'après les noms et les visages sont priés de descendre du bus. Ils sont fouillés, sur le trottoir, ainsi que leurs bagages tirés de la soute. On peut douter de l'efficacité de ce contrôle puisque l'un de ces passagers  a laissé sur son siége une partie de ses affaires. mais le côté dissuasif de la chose est là. La couleur est donnée. Les deux hommes peuvent revenir à leur place, soulagés eux aussi. Le reste des papiers est ensuite distribué, avec grande difficulté concernant les passeports où les policiers ont du mal à déchiffrer les noms. Ils se rabattent sur les photos, où notre tête n'a rien à voir avec celle d'aujourd'hui: le voyage mouvementé nous a « un peu » fatigué les traits et hérissé la chevelure.

Nous voici enfin en ville. Nous cherchons en vain la gare routière, désignée par un panneau, elle semble disparue dans le trou d'un chantier. Nous escaladons quelques talus pour atteindre un bâtiment délabré: ce serait, selon les passants, les bureaux où l'on vend des tickets de bus. Nous sommes accueillis par un groupe de chinois jouant aux cartes et qui, à la question "bus pour Litang?" répondent en coeur, hilares, "Meiyou!" (Y'en a pas)

Bon d'accord... très drôle.

Nous redescendons les talus et revenons à la route principale où le groupe des quatre israéliens et de deux anglais débarqués comme nous du bus cherchent à se repérer. Nous leur disons que la gare routière est "meiyou" et qu'il faut chercher un mini bus. Ils ne semblent pas se décider. Aussi Jean-Claude et moi partons plus loin en "ville", à la recherche d'un véhicule.

 Il est 15heures. Il ne faut plus tarder. Nous trouvons un chauffeur, qui accepte pour 40 euros de nous emmener tous les huit à Litang, cinq heures de route, et de bonne route selon lui.

 Un des jeunes routards nous a rejoint entre temps et trouve que l'on peut faire affaire. Cinq euros par personne, c'est le prix. Nous montons dans le mini bus et rejoignons le reste du groupe. Les bagages sont chargés et ficelés sur le toit, nous nous serrons comme des sardines dans le véhicule
.
Au bout d'une heure le chauffeur, un grand gaillard tibétain à l'air malin, semble ne plus avoir envie d'aller à Litang... il nous demande "Litang???", comme s'il espérait qu'on change d'avis. Puis il tente par deux fois le coup de la panne, et,  comme nous ne sommes pas convaincus, il s'engage dans une portion de route barrée, négligeant la déviation pourtant bien fléchée vers le bas, le long de la rivière. On ne tarde pas à tomber sur l'éboulement : des gros rochers tombés de la montagne. Nos regards et nos gestes en disent long: il comprend qu'on n'est pas du genre à se faire avoir facilement.

Toujours dans la bonne humeur, car notre homme est d'un naturel joyeux, il fait demi tour et prend la piste qui contourne l'éboulement. Il passe un coup de fil auquel nous ne comprenons rien. mais nous devinons qu'il mijote un coup. Peu de temps après, nous nous arrêtons à hauteur d'un autre mini bus, sur le bord de la route. Le chauffeur nous explique que c'est son copain qui va nous prendre en charge et finir le trajet...

Oui, mais nous nous méfions, nos compagnons de voyage aussi. Nous parlementons au sujet du prix: pas d'embrouille les copains!

Tout finit par s'arranger : nous payons une partie de la course au chauffeur qui nous quitte. Le reste sera versé à son copain, à l'arrivée à Litang.

Dans le mini bus la mauvaise nouvelle tombe : un des jeunes anglais dit qu'il a appris hier l'annulation du festival des cavaliers. Histoire de sécurité, comme l'an dernier... les autorités évitent le rassemblement d'un grand nombre de Tibétains. Nous gardons espoir mais le moral en prend un coup. Cette fête, nous en rêvons depuis quelques mois...

Renseignement pris, cela ne fait pas seulement suite au soulèvement des moines en 2008, mais à une rébellion de l'année précédente : un contestataire a tenté une révolte lors du festival de 2007.  Il est d'ailleurs en prison pour quelques années encore. Nous sommes bien au Kham, le pays des guerriers Khampas, des rebelles dans l'âme.

Nous passons par un magnifique plateau d'altitude, soleil, ciel bleu et nuages blancs à l'infini, une lumière magique tout simplement. Nous demandons au chauffeur quelques arrêts photos.

Nous en profitons  pour gambader dans l'herbe fleurie, histoire de se dérouiller les jambes. Et puis, c'est tellement beau. Le chauffeur a bien du mal à nous faire revenir au véhicule. Il est temps de repartir : la route est encore longue.        

Nous arrivons à Litang, à la nuit tombée, dans le froid et la pluie. Nous choisissons la même auberge que nos compagnons de voyage : il parait que c'est la meilleure de Litang. (Potala inn). Dans le hall de la guest-house il y a foule. De nombreux jeunes routards attendent désespérément une place en dortoir. Comme nous sommes intéressés par une chambre (90 yuans), le patron s'occupe de nous tout de suite, et nous pouvons poser nos sacs. Nous ressortons aussi vite car nous avons l'estomac dans les talons, nous n'avons rien mangé depuis ce matin! Le resto de l'auberge est plein.

Nous partons dans les rues boueuses et mal éclairées de la ville. Au bout de la rue, un établissement semble ouvert : il y a de la lumière à l'intérieur. Nous entrons : le patron, et ses copains, tous tibétains, sont à une table et boivent des verres.

L'aubergiste vient en souriant nous demander ce que nous voulons : apparemment il n'y a pas de carte. Nous commandons des momos (raviolis tibétains) ; " viande ou légumes? " Nous choisissons à la viande. Il disparaît dans la cuisine, puis retourne s'installer avec ses copains. Bientôt sa femme sort de la cuisine... apparemment il y a un souci : pas de viande! Alors va pour les momos aux légumes... on meurt de faim!

Au bout d'une heure, un gigantesque plat d'énormes raviolis maison arrive sur la table. Nous sommes au bord de l'hypoglycémie... et nous nous jetons sur le plat. En fait de légumes ils sont farcis de pommes de terre écrasées, à peine assaisonnées. Un véritable étouffe-chrétiens, qui a vite raison de notre appétit. Plus rustique, on ne peut pas faire. Ils doivent pourtant être dans les meilleurs de la région, car à la table à côté le patron du resto et ses copains en avalent une montagne, et s'en lèchent les doigts.

De retour à l'auberge, des routards anglais nous demandent si nous allons demain voir le "sky burrial".

C'est quoi ça?

De retour dans la chambre, nous lisons plus attentivement notre guide, qui décrit "les funérailles célestes"... Incroyable!  Pourquoi pas y aller demain...

 

31 juillet Litang

Le matin à 8h, suite aux renseignements donnés par l'aubergiste, nous partons assister à un "enterrement céleste", tradition bouddhique tibétaine...

Un taxi nous emmène jusqu'au lieu sacré dans la colline. De nombreux drapeaux de prières occupent l'endroit.

 Nous devons rester à distance, à peu prés 80 mètres. Mais nous voyons nettement ce qui se passe.

Le corps du défunt est retiré du linceul blanc.

 Un religieux, maître de cérémonie découpe le corps posé sur une dalle de pierre, au niveau du sol. Les vautours apparaissent dans le ciel, et se posent à proximité. Ils sont nombreux : une cinquantaine peut être. Lorsque le religieux, habillé d'un grand tablier blanc a terminé son travail, il se retire sur le côté. Les vautours fondent sur le corps, qu'ils dépècent en moins d'une heure.

Lorsqu'il ne reste plus que les os et le crâne, le maître de cérémonie s'approche à nouveau. Les vautours s'éloignent, et restent posés, à guetter du haut des collines.

Résonne alors dans la montagne le bruit des os qu'il est en train de broyer. Clac, clac, clac... C'est sans doute l'instant qui m'a le plus impressionné.

La poudre des os et le cerveau sont mélangés à de la farine d'orge, et laissés à nouveau aux vautours.

Ces funérailles célestes ont autant un sens spirituel que pratique. Pour les bouddhistes, le corps sert uniquement à accueillir l'âme durant la vie terrestre. Lorsqu'un homme meurt, son âme le quitte, et le corps perd son utilité. Offrir son corps en pâture aux vautours correspond à un acte ultime de générosité envers le monde des vivants, et permet de poursuivre le cycle de la vie. Les vautours sont des oiseaux vénérés. D'un point de vue pratique, c'est un moyen très écologique de faire disparaître les corps, sur une terre où le bois est rare, et où le sol est gelé la plupart du temps.

Retour au village à pied, sentier au milieu des prairies fleuries... l a tête ailleurs.

 

L'après midi, nous partons pour la visite du temple de Litang, situé sur le flanc de la colline. Ce temple, aujourd'hui reconstruit, a été bombardé par l'armée chinoise
après un long siège lors de la révolte des khampas de 1956.Tiens, l'année de ma naissance...

Quelques gouttes de pluie nous conduisent à nous abriter sous le porche d'une école. Les jeunes moines, sortis tout juste de leurs salles de classe, viennent nous rejoindre. Ils ont à la main leurs cahiers et leurs crayons. Ils nous demandent d'écrire nos noms sur leurs carnets. Cette écriture "exotique" les amuse. Ils nous demandent aussi de les épeler. Nous passons un bon moment, plein de bonne humeur et de gentillesse. A nous d'admirer ensuite les pages remplies de leur toute étrange écriture.

Le soleil revient. Le ciel est plus bleu que jamais. Un des jeunes moines rencontré à la sortie de l'école nous rejoint sur le chemin... Il a recopié sur son cahier notre nom. Il nous demande si c'est bien fait, et veut qu'on le lui épelle à nouveau. Son regard est d'une extrême douceur.

Plus tard, j'ai regretté de n'être pas restée un peu plus longtemps en sa compagnie.

Sur les murs des habitations, des "galettes" d'un mélange de bouse de yak et de paille, sont en train de sécher. C'est le carburant du coin. Le yak est l'animal providentiel de ces régions d'altitude : il fournit la viande, le fromage et le yaourt, le cuir, la laine pour fabriquer tentes et vêtements, cornes et os pour les bijoux, les manches de poignards et les instruments de musique et... j'allais oublier le beurre qui sert aussi à alimenter les lampes, assouplir et imperméabiliser les peaux, protéger le visage et les cheveux (bonjour le parfum). Ici les hivers sont rudes. En 1996, la température a atteint les -50°...

Le soir, à l'auberge, nos compagnons de voyage de la veille nous confirment que le festival de Litang est bien annulé, mais qu'une rumeur parle d'une fête à Tagong, un village à 6 heures de bus d'ici. C'est sur la route vers Kangding où nous projetions d'aller ensuite, avec léger détour vers le Nord. Mais pourquoi pas!

D'après eux des mini-bus partent demain matin à 6heures... pour 80 yuans par personne.

1 août  Litang---Tagong (3800m)

Au petit matin, nous voilà dans la rue principale de Litang, froide et obscure : effectivement des minibus sont sur le départ. Nous voilà bientôt installés, avec cinq autres passagers dans l'un des véhicules.

Le dossier de mon siège ne tient plus, et si je m'y appuie, je me retrouve la tête sur les genoux de la jeune fille assise derrière...

La route passe au milieu d'alpages à 4000m en moyenne.

 Nous passons aussi des cols à 4500m  (troupeaux de yak, campements de nomades, cols marqués de drapeaux de prière), puis descente dans une vallée à un peu plus de 3000m, qui nous fait penser à la vallée de la Vésubie ; La route est parfois très mauvaise, et les suspensions du van sont fatiguées... à chaque passage dans un nid de poule, des cris de douleurs viennent des trois passagers assis à l'arrière; ce sont trois jeunes américains qui souffrent déjà de l'exiguïté du véhicule. Finalement, je ne suis pas si mal installée!

Trente kilomètres avant l'arrivée, nous quittons la route qui va vers Kanding, et nous tournons à gauche, vers le Nord  La route devient excellente. Nous n'en revenons pas. Hélas, cela ne dure pas. Nous longeons un fleuve impétueux, et nous nous retrouvons sur une route "bourbier". Les secousses et les dérapages redoublent. Quelques "fuck" sont émis par les jeunes à l"arrière... Le conducteur est gêné, il s'excuse de l'état de la route...  A nous d'être gênés. 

12h 30 nous sommes enfin arrivés ; le caractère tibétain du village ne fait pas de doute. Nous visitons une première maison où les habitants louent des chambres. Les chambres, à l'étage, sont dans le style tibétain, avec une décoration très colorée : on se croirait dans un temple. C'est très tentant, l'ambiance parait sympathique, mais les toilettes et salle de bain sont dehors (25 yuan/p). La nuit, ça ne doit pas être pratique.

Nous décidons de chercher ailleurs. Des français, à la porte de l'auberge nous disent bonjour. Nous leur demandons s'ils ont des renseignements sur la fête : oui ils y sont allés HIER! Et aujourd'hui c'est fini! Peut être y a t-il des danses après midi, mais ce n'est pas tout prés... I l faut prendre une voiture ou un cheval, puis marcher une heure... il est sans doute trop tard pour nous. Petit coup au moral...

Nous finissons par trouver une chambre à la Snowland guest house, sur la place, prés du temple.
80 yuans pour une chambre avec salle de bain, et lit avec couverture chauffante. Nous avalons un excellent repas de pain tibétain et d'oeufs sur le plat au resto de l'auberge (1 euro... pour deux).

Le resto s'appelle le Sally's kham restaurant. Sally est le nom de la patronne de la guest house. Elle s'affaire aussi en cuisine, et sert les voyageurs affamés, toujours avec le sourire. Lorsqu'elle a cinq minutes, elle s'assied, vide le contenu de sa pochette : une montagne de billets froissés, et les compte.

Les affaires marchent bien. Elle échange volontiers des plaisanteries dans un anglais qu'elle cherche en permanence à améliorer... en compagnie des voyageurs de tous les pays.  Un personnage! Son frère, moine dans le monastère d'à côté vient de temps en temps dans la salle à manger. Avec son air canaille, il nous étonne. Il donne un coup de main à sa façon : quelques ordres en cuisine pour accélérer le service. Mais surtout, il organise pour les gens intéressés des ballades à cheval. Qu'ils soient deux ou vingt, il semble connaître tous les propriétaires de chevaux de la région, et les contacte avec son portable.

Dés le lendemain matin, des petit chevaux, typiques de la région, sont devant l'auberge, attendant les promeneurs. Tous reviennent enchantés de leur journée, en compagnie de guides tibétains. Mais tous avouent avoir eu bien mal au c... De plus la petite taille des chevaux, fait que, les grands aux grandes jambes, après avoir mis les pieds dans les étriers, se sont retrouvés avec les genoux sous le menton...
Promenade dans les alentours, vers l'Est de cette bourgade qui s'annonce sympathique. Le paysage est extraordinaire : pâturages, collines vertes, hautes montagnes à l'horizon. Sur la route, nous croisons de nombreux tibétains en costume traditionnel, des motards échevelés, et des cavaliers. On se croise, toujours avec un grand "Tachi delek" : bonjour!

Un temple apparaît tout au loin, tout petit, sur fond de montagne, seul au milieu de prairies vertes. Nous irons demain, car il est trop tard pour y arriver aujourd'hui.

Retour au village en passant par le temple dont l'enceinte est composée de murs de moulins à prière. Des pèlerins les font tourner, sans cesse, en faisant des circumambulations, les tours rituels du temple. Comme cela ne leur suffit pas, ils ont aussi un petit moulin à prière, à la main.

Quelque soit leur taille, les moulins sont des cylindres creux, tournant autour d'un axe. L'extérieur est couvert d'invocations gravées. Et à l'intérieur, des longues bandes de papier couvertes de prières s'enroulent autour de l'axe central. Les plus petits se tiennent dans la main, par un manche ; les plus grands sont fixés à l'entrée des temples, le long d'un chemin de circumambulation, ou au carrefour des villages et peuvent atteindre deux mètres de haut. Les rotations apaisent les maux et protègent des démons. Elles libèrent l'énergie des formules qu'il contient.

D'autres pèlerins égrainent un chapelet en récitant des mantras.

Les mantras sont des formules sacrées dont la puissance réside en grande partie dans la prononciation des syllabes. L'un des plus connus "Om mani padme hum" (Salut au joyau dans le lotus) est le mantra de Chenrezig, protecteur du Tibet, et bouddha de la compassion. D'autres formules "Puisse notre précieux protecteur vivre longtemps", "Honneur aux trois choses précieuse, Bouddha, Foi, Communauté"

Dans la seule rue du bourg, il y a de nombreuses boutiques où les tibétains des environs viennent se ravitailler. Hommes et femmes ont des coiffures élaborées, avec des tresses, ornées très souvent de pierres.
 
Les turquoises symbolisent pour les tibétains souffle vital, richesse et beauté;  L'ambre, la protection.
 

La soirée est très  fraîche. la température n'excède sûrement pas 10 degrés... Nous nous réchauffons avec un ragoût de yak aux pommes de terre. Les pommes de terre ne sont pas vraiment cuites, mais Sally nous a servi avec son grand sourire, alors... on mange!

Grosse pluie toute la nuit

2 août Tagong  (3800m)

Juste à coté de la guest house, derrière un mur, il y a sans doute une école pour les enfants moines. Je les ai entendu hier réciter ce qui semble être des prières pendant des heures, cela jusqu'à 22h.

Et, cette nuit à 4h du matin, les récitations lancinantes ont repris... jusqu'à 8h. Les enfants récitent, récitent sans une interruption, sans même sembler reprendre leur souffle : très étrange et perturbant. Cela m'a réveillé, et a gêné quelque peu mon sommeil, jusqu'au matin. Jean-Claude n'a rien entendu!!!

Promenade le matin jusqu'au temple à l'entrée du village. Sur le chemin, j'aperçois dans la cour d'une maison, une dame en train de traire une dri (femelle du yak). Elle nous fait signe d'entrer et accepte qu'on la photographie.
Pendant que Jean Claude prend les photos, une jeune fille de la maison tient le chien molosse, gardien de la maison, par la tête pour l'empêcher d'aboyer et de nous faire peur... ceci malgré la grosse chaîne à laquelle il est attaché. Ces chiens sont des grosses bêtes au poil noir et portent souvent un volumineux collier rouge. Ils gardent les habitations, maisons et tentes.

En général, les nombreux chiens galeux que l'on croise dans la rue, sont, eux, plutôt craintifs, et semblent inoffensifs 

Nous prenons notre repas vers 11h à l'auberge, et nous partons de suite pour le temple que nous avons aperçu hier au loin.
Nous partons par une route de terre puis par un chemin qui coupe à travers les pâturages, remplis de ruisseaux, de sources, de fleurs; Au loin, il y a un magnifique panorama de montagnes, malheureusement caché en partie par des nuages, malgré le ciel bleu vif au dessus de nos têtes.

Nous arrivons au bout de 3 heures de marche, au monastère, que des moines sont en train de restaurer. De nombreux drapeaux et chortens de drapeaux de prières, multicolores, couvrent les pentes des collines.
C' est l'usage sur les lieux sacrés. C'est le vent qui libère l'énergie spirituelle des mantras imprimés sur les drapeaux.

Après une petite pause, nous prenons le chemin du retour nous choisissons de prendre un raccourci en coupant à travers les immenses pâturages.

Je sens bientôt le besoin de jeter un coup d'oeil en arrière : voir le temple une dernière fois... Et quelle surprise! Les nuages se sont levés. Le sommet glacé du Zhara Lhatsé (5800m), montagne sacrée pour les tibétains, resté invisible jusqu'alors, est là, impressionnant, en toile de fond du monastère.
Magique!

Après quelques montées et descentes dans les collines herbeuses, nous apercevons au loin, et reconnaissons la colline remplie de drapeaux de prières qui surplombe Tagong. Mais nous n'avons pas traversé le fleuve, et cela nous inquiète.
Nous grimpons le plus haut que nous pouvons pour avoir une vue qui permettra de nous orienter : nous apercevons le chemin qui atteint la route, puis le pont.  Nous finissons par rejoindre le bon sentier où des motards tibétains, surgis de je ne sais où, nous confortent dans l'idée que nous faisons bonne route vers Tagong.

C'est au bout de 6h de marche , des images plein la tête, les joues rougies par le soleil et l'air vif, que nous revenons à l'auberge.

Le ragoût de yak est ce soir à la tomate et accompagnée d'un grosse galette de pain tibétain. Miam!

Vers 22h nous nous couchons. Pas la peine de fermer la lumière, une coupure de courant s'en charge. Un orage a en effet éclaté depuis cinq minutes et ne fait que s'intensifier. Le bruit du tonnerre est le plus fort que je n'ai jamais entendu. Il résonne de façon effrayante dans les montagnes. Quant aux éclairs, ils illuminent la chambre comme en plein jour... J'ai le malheur d'écarter le rideau pour mieux voir, et je me prends dans les yeux un flash énorme, le ciel est tout blanc de la lumière de l'éclair. A chaque éclair, des cris, puis des rires viennent du dortoir au rez-de-chaussée.

Au bout d'un quart d'heure, l'orage s'éloigne. Mais, à la lueur de notre lampe de poche, nous avions déjà rangé nos sacs, prêts à évacuer la chambre. Peur? non, prudents...

3 août Tagong- Ganzi

Le courant est encore coupé au petit matin. La pluie a cessé et le ciel clair est au programme de la journée. Finalement, même si nous avons raté la fête, notre venue à Tagong est une chance, un heureux hasard du voyage. Ici, la rencontre avec d'autres voyageurs nous incite à continuer encore un peu plus loin sur cette route "Sichuan Tibet" du Nord,  et ce, jusqu'à Ganzi.

D'après le guide Lonely planet, un bus devrait passer vers 10 ou 11h, en provenance de Kangding. Ici, pas de gare routière. Nous demandons confirmation à la patronne de l'auberge. Il est 9h30, et elle nous dit de nous mettre dès à présent sur le bord de la route. D'énormes camions passent mais pas de bus, cela pendant deux heures.

A...11h 30!!!!, au moment où l'on n'y croyait plus, des bus de ligne commencent à passer, mais complets!

Enfin, l'un deux s'arrête, mais le chauffeur dit à Jean Claude qu'il n'y a pas de places assises, du moins jusqu'à la première ville..; nous hésitons un peu trop longtemps, les portes du bus se referment... Nous restons sur le trottoir, et, finalement, au moment où le bus redémarre, nous réalisons que c'est peut être notre seule chance. Nous faisons signe au chauffeur que c'est d'accord. Nous voilà pendant 2h 30, assis par terre. Gros avantage : nous ne voyons que partiellement l'état lamentable de la route qui n'est qu'une piste de boue, labourée par les pneus de tous les véhicules.

A l'arrêt de la première ville, repas dans une auberge mal famée, et au bout d'une demie heure, nous reprenons la route. Cette fois nous sommes assis, mais au fond du bus où l'on sent le mieux les secousses de la route. A chaque trou, nous faisons un bond de quelques centimètres sans pouvoir réagir, juste s'accrocher au siége de devant pour limiter l'ampleur de l'envolée.

Le paysage est toujours aussi magnifique (montagnes de pâturages verdoyants, moyenne 4000m, villages tibétains, temples).

A 18h30, nous arrivons extenués, dans la gare routière. Enfin arrivés! Nous cherchons le chauffeur, à qui nous devons payer les tickets. Disparu! Les deux autres routards du bus l'attendent également, prés de la soute à bagage pour récupérer leurs sacs à dos; Bientôt revoilà notre homme. Nous courons vers lui, lui tendant les billets pour le payer. Et la nouvelle tombe : nous ne sommes pas arrivés à Ganzi. Les deux autres routards, n'en reviennent pas non plus.

Eh oui, il faut remonter dans le bus. Le chauffeur est hilare: nous ne sommes qu'à Luhuo. Il reste 2h30 de route.

Les hautes montagnes (6000, 7000m) apparaissent au loin, minérales, agressives et belles..

Nous franchissons plusieurs cols à 4200m environ. Le paysage est époustouflant. Puis la nuit tombe. Les maigres "lueurs" d'une ville finissent par apparaître, très très loin,  nous reprenons espoir d'arriver un jour...

C'est au bout de 9h de voyage éprouvant, mais inoubliable que nous voici dans la ville marchande de Ganzi (85000hab).

Difficile de trouver un hôtel sans voir de plan de la ville, et à la nuit tombée; Un jeune homme propose de nous montrer un hôtel "propre", précise t-il. En effet, nous trouvons, à l'Himalaya Hôtel, une chambre très correcte, avec salle de bain, à 130 yuans négociée à 100 yuans (10 euros)

Repas de soupes de nouilles déshydratées, achetée à l'épicerie du coin.

4 août  Ganzi

Repos forcé, mais apprécié toute la matinée car... il pleut!

Après midi, nous montons au monastère, adossé à une colline, en passant par le quartier tibétain. Dans la rue, un bâtiment ouvert laisse entrevoir un moulin à prières géant, décoré de jolies peintures représentant des déïtés.

L'escalier raide qui mène au monastère, passe d'abord par le quartier  des moines. Nous prenons le temps d'admirer les cellules monastiques étagées en terrasse sur la pente. Elles ont un petit air "coquet": façades colorées, fleurs, chat se dorant au soleil...

Dans une rue du monastère, des gens réparent un muret: les grosses pierres sont transportées sur le dos de la femme du groupe. Elle marche légèrement penchée vers l'avant, et maintient avec les mains la pierre posée sur le bas de son dos.

Ailleurs, un rétameur est en pleine réparation des bouilloires du monastère.

Nous arrivons enfin au sommet où se trouvent les temples. Dans la salle principale, les murs de droite et de gauche, sont recouverts de petites statues de bouddha, en or. Dans notre guide nous lisons qu'il y en a 540... Je compte, et en gros j'en trouve plus de 2000!

D'une terrasse nous avons vue sur toute la petite ville de Ganzi, et même la caserne. Dans la grande cour, des soldats chinois jouent au basket avec des moines. A méditer...

Puis nous  redescendons par la route, qui part de l'arrière de la colline.

Dans la ville chinoise où se concentrent les commerces, on croise de nombreux personnages hauts en couleur, notamment des hommes coiffés à la mode Khampa.

 

"Ces grands gaillards, si parfaitement semblables aux indiens peaux rouges déambulent par les rues étroites, vêtus de volumineuses houppelandes en peaux de mouton, bousculant au passage les menus chinois, tels de puissants hippopotames fonçant sur un troupeau d'antilopes." Alexandra David Néel

 

Prés de la gare routière, un tout petit resto, retient notre attention: dans la cuisine donnant sur l'extérieur , on aperçoit une jeune femme en train de cuisiner. L'endroit est plus propre qu'ailleurs, et nous entrons. Elle nous propose de la soupe aux raviolis à la viande. Nous nous comprenons dans un mélange de gestes et de chinois. Bientôt deux grands bols de soupe parfumée et pimentée comme il faut, aux raviolis délicieux nous arrivent sur la table. Un festin! pour à peine 1,5 euro pour deux.

Depuis quelques jours, le froid du matin et de la nuit, l'air sec sans doute aussi, nous ont gercé le lèvres. De petites coupures se sont formées, et de tous  petits abcès se sont apparus. C'est supportable, sauf si , comme ce soir, je m'évertue à manger de la soupe brûlante et pimentée.

5 août  Ganzi

Le temps est superbe aujourd'hui, et le soleil tape!

Nous repartons vers le monastère, en passant cette fois par le côté ouest, et en suivant le chemin des pèlerins. Nous nous retrouvons à escalader une colline par un petit sentier. Tout le long : des stupas blancs surmontés de drapeaux de prière dont les gens font le tour en priant. Tous nous lancent des grands "Tachi delé" ( Bonjour, en tibétain), et nous demandent de quel pays nous sommes. Ils sont ravis que nous soyons français... et nous remercie, en joignant les mains devant eux..

Je monte doucement le sentier pour économiser mon souffle. Des nonnes se mettent en tête de m'aider.

Elles veulent même porter mon sac photo. Je refuse, gênée. Alors l'une d'elle me prend la main, et m'entraîne à son rythme : je dois donc les suivre ..mais devant autant de gentillesse, je retrouve mon énergie.

Arrivés en haut de la colline qui surplombe le monastère tout le monde s'arrête , pour admirer le paysage, pour se reposer, et partager des fruits, avant d'entrer dans le monastère légèrement en contre bas.. Un bon moment!

Les deux nonnes se sont assises côte à côte sur une grosse pierre. Elles admirent le paysage, à l'abri d'une jolie ombrelle rose.

Le temps clair permet aujourd'hui d'apercevoir les pics enneigés qui entourent la ville. Grande promenade pour les prendre en photo.

Le soir, nous nous rendons à la gare routière, pour réserver nos places dans le bus pour retour à Tagong.(80yuans)

 

6 août Ganzi--Tagong

6h du matin : départ du bus pour Tagong.

Cette fois nous sommes assis sur des siéges dignes de ce nom, pour faire le même voyage qu'il y a 2 jours. La route est toujours aussi mauvaise, mais nous la supportons mieux cette fois.

Arrivée à 15h sous un soleil magnifique. Nous retrouvons notre sympathique auberge et Sally qui n'a pas oublié de nous garder une chambre. Grande lessive, repos, rangement des photos sur le net book..

Le soir , dans la salle à manger de l'auberge, nous retrouvons d'autres voyageurs, en particulier un couple de français, qui sont allés à Danpa, village qui parait intéressant. Mais pour cela il faut repartir en direction de Ganzi, jusqu'à Baomei (donc 2h sur la portion en chantier boueux) puis prendre une autre route vers l'Est, pendant 2h. A voir...

Notre projet initial était d'aller à Kangding, avant de rejoindre Chengdu, tout simplement.

 

Nous avons également un regret : c'est de ne pas avoir été à Dege, lorsque nous étions à Ganzi. Le guide Lonely planet nous avait fait un peu peur quant à la route... dangereuse, et impressionnante avec un col à 6000m... "on y est mort de froid ou de peur" c'est ce que nous avions lu et qui nous avait découragé.

 Mais les voyageurs que nous rencontrons à l'auberge et qui y sont allés, disent que la lamaserie de Dege, célèbre pour son imprimerie et sa bibliothèque vaut vraiment le voyage. Ils nous disent également que le  col est en fait à 5050m, qu'on supporte bien, et que la route n'est pas si mauvaise... En plus, de Dege, il parait que l'on peut prendre un bus pour Yushu, et arriver ainsi à Xining dans la province du Qinghai, ce qui nous convient pour continuer notre itinéraire, vers les monastères de Labrang et Kunbum... Le trajet durerait de 15 à 18h, mais serait magnifique.

Mais point noir : on parle de peste aux environs de Xining, et de mise en quarantaine d'une ville, laquelle?

7 août Tagong

Journée repos, photos.

A la sortie de Tagong, "spectacle":

La route qui part vers Ganzi, est maintenant complètement inondée, au niveau du fleuve. Plus de pont, à cause de travaux sur la route. A un endroit, fleuve et route se confondent. Une voiture vient de s'y enliser, et reste au milieu de l'eau, à moitié enfoncée. A l'intérieur : des moines. Ils s'extraient de la voiture, et regagnent le bord, la robe retroussée au dessus des genoux.

A côté, une moto s'est également enlisée à mi hauteur. Le motard est toujours dessus et n'ose plus bouger.

De chaque côté, les voitures se sont arrêtés et n'osent plus traverser ce passage inondé. Le sauvetage de la BMW des moines s'organise avec un 4x4. Pendant ce temps, le motard, pas à pas, fait rouler sa moto, dans l'eau. Il est toujours assis dessus. On voit qu'il fait d'énormes efforts pour avancer et surtout garder l'équilibre. Il lui faudra prés d'une demie heure pour se tirer d'affaire.

Un 4x4 se lance dans l'eau pour traverser à un autre endroit. Il passe... Le mot d'ordre est donné: on peut passer... Chacun regagne son véhicule. Voitures, camions, et même bus traversent en faisant jaillir d'énormes gerbes d'eau.

Le soir au retour de notre promenade, nous reverrons les moines assis sur un talus au bord de la route: méditation devant leur voiture en train de s'égoutter, inclinée sur des cales.

 

L'idée de repartir vers Ganzi (Re-9h de bus!!), pour ensuite atteindre Dege fait son chemin... C'est trop bête d'avoir raté cela. Mais dans la région où nous sommes, il n'y a pas possibilité de changer de l'argent. Nous le savions, mais nous ne pensions pas aller si loin, et surtout faire ces allers et retours.

Aussi nous avons peur que la somme en yuans qu'il nous reste soit un peu juste, pour repartir à Dege.

Nous en discutons avec le couple de français rencontré hier. Eux aussi sont allés à Dege. Leur récit nous fait pâlir d'envie. Ils travaillent à Shanghaï et y repartent demain. Ils proposent de nous changer 100 euros.

Avec ces milles yuans supplémentaires, l'aventure est à nous!

Et si besoin de plus, certains voyageurs nous disent que peut être il y a un distributeur à Dege, d'autres disent à Ganzi... on verra.

 

8 août Tagong-- Ganzi

Comme nous avons déjà fait le trajet il y a quelques jours, nous savons qu'il n'y a pas de bus direct Tagong -Ganzi. Il faut attendre dans "LA" rue du village que les bus en provenance de Kangding passent, cela à partir de 10H30. Comme il pleut très fort nous attendons dans la grande salle de l'auberge jusqu'à la dernière minute.

Au moment où nous sortons nous voyons de l'autre côté de la place un bus passer, et surtout nous passer sous le nez. Un deuxième arrive, nous courons. Un moine (le frère de  Sally) arrête le bus pour nous. Nous montons, et bien sûr, nous avons des places au fond du bus. Nous somme coincés entre, d'un côté deux femmes tibétaines parfumées au beurre de yak accompagnées de deux enfants (ils se partagent 2 places pour 4), et de l'autre un chinois maigrichon visiblement de très mauvaise humeur. Et c'est reparti pour 9h de secousses.

A notre tour de traverser la route inondée. On a l'impression que le bus va plonger dans le fleuve sans pouvoir ressortir... mais nous le savons : nous allons passer... Impressionnant aussi vu de l'intérieur du bus!

Pour ajouter un peu de piment à tout cela, devant nous uniquement des fumeurs. Nous faisons de grands gestes pour éloigner la fumée, nous nous bouchons le nez, nous simulons de grosses quintes de toux... mais rien n'arrête nos fumeurs. Alors, Jean Claude ouvre la fenêtre au niveau du siège situé devant nous, et où se trouvent les emmerdeurs, se lève, tend la tête vers l'ouverture, et, un mouchoir devant la bouche fait un gros bruit comme s'il allait vomir. Et, c'est efficace... les fumeurs s'arrêtent, sûrement pas par pitié pour nous, mais parce qu'ils ont trop peur qu'on leur vomisse dessus.

Le passager de devant se rabat sur sa bouteille d'alcool blanc (1/2litre) qu'il finira pendant le trajet, à coup de petites gorgées délicates...

Le spectacle n'est pas fini : une sonnerie de téléphone retentit à ma droite. La passagère tire de dessous son siège une grande boîte à chaussures, l'ouvre : un téléphone à cadran, style téléphone fixe, rouge, énorme, est à l'intérieur . Elle décroche, converse avec son correspondant, puis raccroche, ferme la boîte et la range sous le siège. Jean-Claude n'a rien vu, et j'hésite à lui en parler : et si j'avais rêvé? Il arrive qu'on s'assoupisse durant ces heures de voyage... Le téléphone ne tarde pas à re-sonner, la scène se répète : je me pince, non je ne dors pas. C'est bien un portable mais géant. "T'as vu ça Jean-Claude? Oui, apparemment tu as vu cette fois... tu as des yeux comme des soucoupes!"

 

Nuit à Ganzi, au Golden Sun Biguan, recommandé par deux Suisses rencontrés à Tagong (chambre propre et rénovée récemment, pour 100 yuan). A notre surprise, il s'agit de hôtel que l'étudiant "sympathique" rencontré la première fois à Ganzi nous avait fait éviter car "dirty" (sale). Il voulait en fait nous emmener absolument dans l'hôtel des ses amis! Bien joué.

Pluie très intense toute la nuit... pas fameux pour l'état des routes demain... grosse inquiétude car le col à 5050m nous attend.

 

9 août   Ganzi--Dege

Nous nous levons tôt pour être à 6h à la gare routière et espérer avoir 2 places dans le bus pour Dege.

Au guichet, ici, il faut jouer des coudes pour ne pas se faire piquer sa place, et nous ne sommes pas trop de deux. Et voilà, nous avons 2 billets (60y/p), et le départ et à 8h30

En fait le bus, en provenance de Kangding, n'arrive qu'à 9h 45. Les numéros des siéges que nous avons sur le ticket ne correspondent à rien. Les sièges sont déjà occupés, et nous nous retrouvons... au fond...

Au départ j'aperçois une place libre, un peu plus avant, je saute dessus car c'est vraiment plus confortable.

Au bout de 2h, nous atteignons l'étape routière de Manigango... perdue au milieu du grand désert d'herbes : un véritable comptoir du Far-west, avec ses échoppes. La description que nous en fait notre guide de voyage nous dissuade d'y faire une escale.

Le bus s'y arrête pendant une demie heure pour le repas et cela nous suffit largement... Le Lonely planet est même en dessous de la vérité : pour moi, c'est l'endroit le plus dégueulasse que j'ai jamais vu.
Où que l'on porte les yeux, on a envie de vomir... impossible de manger dans le resto, les plats exposés dans une vitrine semblent y être depuis l'année dernière. Dans la rue les habitants jouent sans doute à celui qui sera le plus crasseux, les chiens galeux viennent vous renifler. Il faut faire gaffe à ne pas tomber dans de gros trous, remplis d'ordures. Nous avons eu droit également à l'étalage en plein air du boucher. Il découpe un quartier de yak à la hache. Autour de lui une dizaine d'hommes tripotent la viande pour s'assurer de la qualité. Certains en détachent un petit bout entre deux doigts dont je vous laisse imaginer l'état de saleté. Une dizaine de chiens pelés tournent autour de l'étal...

Il n'en a pas fallu plus à nos estomacs délicats pour se contenter de quelques cacahuètes en guise de repas. Au milieu de tout cela passent des dames tibétaines en robes traditionnelles, et à la coiffure ornées de turquoises... Et l'on nous adresse les plus beau sourires de la terre.

Cela ne suffit pas à nous convaincre de passer la nuit ici!

A notre retour en France, nous regretterons de nous être laissés impressionnés par cet aspect peu engageant : la région de Manigango recèle des trésors : monastère, énorme pyramide de manis, lac sacré, couvent, tout cela attirant des pèlerins en nombre... Pour un autre voyage peut être?

 

Vers 14h nous avons commencé à "attaquer" le col. Le temps est magnifique et nous profitons vraiment du panorama. Impossible de décrire. C'est pour moi un des plus beaux paysages de montagne que j'ai jamais vu (glaciers, pics  et sommets de 6000m) et le col ! C'est tellement impressionnant de monter par cette route vertigineuse, en terre, sans glissière de sécurité, bien sûr... qu'on arrive à se dire qu'il faut de toute façon mourir un jour. Revient alors à mon esprit la phrase d'Alexandra David-Neel :

"Il n'est pas déshonorant de mourir en poursuivant un but même futile, ce qui l'est, c'est de se laisser vaincre et d'accepter sa défaite"

Et bien voilà, je me sens un peu plus fière!

Et puis on arrive au col du Trola :5050m.

Des drapeaux de prière colorés marquent l'endroit. Un passager tibétain passe le bras et la tête  par la fenêtre et jette à cet endroit des petits papiers... des prières? Oui, ce sont les chevaux de vent... Pour que la descente de l'autre côté se passe bien? Sûrement car la descente n'est pas mal non plus.

Il faut aussi déclamer la formule: "La so, la gyelo!" c'est à dire: "les dieux sont victorieux, les démons sont vaincus". Au pays des neiges, pays des dieux et des démons, les esprits sont partout. Ils occupent les montagnes, les forêts, les torrents, ils hantent les chemins et les maisons, et si beaucoup sont malveillants par nature, les autres le deviennent lorsqu'on les néglige. Il convient donc de les honorer et de les apaiser en toute circonstance... comme le passage d'un col!

On aperçoit tout au fond la vallée à 4000m, et j'ai l'impression par moment sur cette route étroite, d'être dans la cabine d'un téléphérique plutôt que dans un bus.

La redescente est vertigineuse dans les lacets en épingles à cheveux. Nous commençons à nous détendre à l'arrivée, en bas, dans la forêt de sapins.

Ensuite , nous roulons 2 bonnes heures dans une vallée de plus en plus encaissée vers Dege, poste frontière de la région autonome et siège de l'imprimerie la plus célèbre du Tibet.

 Partout, des drapeaux de prière, accrochés à des cordes tendues entre les arbres, ou au dessus des cours d'eaux, ou entre les rochers, parfois à des hauteurs, ou endroits très escarpés : on se demande comment on a pu les y mettre.

Nous trouvons une chambre correcte au "Shambala" Hôtel à l'enseigne tout en chinois, recommandé par les français rencontrés à Tagong. Heureusement, car la petite ville (composée essentiellement d'une rue) est si laide et sale que c'est un bon point d'avoir une chambre où se réfugier... Dege est un bout du monde, dans une gorge sombre et peu avenante. Quelques kilomètres plus loin, c'est la frontière avec la région autonome du Tibet, frontière surveillée, passage interdit pour nous.

Beaucoup d'immeubles chinois mal entretenus, cachant quelques maisons tibétaines en ruines et crasseuses, ont envahi les deux rives de l'étroite vallée. Pour compléter le tableau, au milieu de tout ça coule un fleuve couleur café au lait.

Malgré tout, ici aussi le spectacle est permanent dans les boutiques où les tibétains du coin viennent s'approvisionner.

Mais si nous sommes venus ici, c'est qu'un petit trésor se cache un peu plus haut, sur le flanc du vallon, au milieu du quartier tibétain : le monastère- imprimerie de Dege.

 

10 août Dege

Visite du monastère imprimerie , l'entrée est payante (50 yuans) mais on nous laisse aller librement visiter ce que l'on veut ...

Ce haut lieu du livre tibétain est une petite merveille..

A l'étage, des employés impriment deux par deux des prières et textes bouddhistes sur des longues bandes de papier. Ils le font à partir de planches gravées, en bois. La coordination de leurs mouvements est incroyable, pour encrer les planches gravées, poser le papier, passer un rouleau pour imprimer, retirer le papier, et continuer ainsi de suite...

On imprime ici des livres , à la demande. La spécialité de l'imprimerie de Dege, c'est l'impression des canons du bouddhisme tibétain. Le Kanjyur, en rouge; Le Tanjyur en noir. Le Kanjyur renferme les ouvrages considérés comme l'expression de la parole d'un bouddha. Le Tanjyur, ce sont les commentaires et les traités, rituels, chants, etc...

A l'intérieur, des rayonnages s'étendent à perte de vue, supportant les plaques de bois gravées de textes sacrés, répertoriées et classées par volume.

C'est une des plus grandes bibliothèques du genre dans tout le Tibet.

Dans une autre pièce on imprime des dessins religieux sur du papier et des tissus pour faire des tangkas.

A l'extérieur, une dizaine d'hommes nettoient au savon et à l'eau les planches enduites d'encre, qui viennent d'être utilisées, et qui vont être ensuite remises dans les étagères... Ils travaillent avec des masques. L'odeur d'encre est très forte. J'aime. Devant eux un grand bac, avec l'eau rougie par l'encre.
Des pèlerins font remplir une bouteille de plastique avec cette eau de nettoyage. Un moine en utilise tout de suite : il s'en met une giclée sur les cheveux...  jolie trace rouge sur les cheveux noirs et... belle photo!

Cette eau doit voir des vertus dues aux textes sacrées gravées sur les planches.

Deux petits chats gambadent dans la cour du temple. Leur fourrure est colorée de rose, comme l'eau de nettoyage des planches d'imprimerie.

Je caresse l'un d'eux...  Un homme le prend, et en riant fait mine de me le donner, en le fourrant dans mon sac photo... Je suis tentée : recouvert comme il l'est, d'encre rouge, c'est sans doute un chat sacré!

Ce haut lieu du livre tibétain est honoré par les pèlerins qui viennent ici en nombre. Même quand ils ne savent pas lire, les tibétains vénèrent les livres. A l'intérieur, ils s'inclinent et posent le front sur les planches d'imprimeries entreposées sur les étagères. Ils sont de tous les âges. Nous les avons vus en famille, les enfants hauts comme trois pommes s'inclinant à n'en plus finir devant la bibliothèque. Emouvant.

On les voit faire le tour de l'imprimerie, durant de longues heures voire toute la journée, certains jusqu'à l'épuisement. C'est la Khora, le parcours de circumambulation rituelle d'un temple. Pour tout pèlerin, tomber malade et mourir en pèlerinage est une bénédiction.

L'après midi, nous revenons à l'entrée, le gardien, après hésitation, nous laisse entrer à nouveau, avec nos billets de ce matin. Nous voulons revoir ce lieu... ne plus l'oublier.

Les papiers imprimés sont triés, puis stockés. Dans une cour, je tombe sur une grande caisse en bois où s'entasse visiblement les impressions ratées, mais magnifiques à mes yeux. Je suis tentée... je regarde à droite, à gauche. Personne. Je plonge la main et attrape un des feuillets que je fourre dans ma poche. Plus tard, regrets, bien sûr, de ne pas en avoir pris plus !

Nus décidons finalement de redescendre vers Chengdu, en passant par Danpa. Ce sera long aussi (3jours) mais par Yushu, il reste quelques incertitudes. (état de la route, épidémie de peste pulmonaire, etc...)

 

11 août  Dege--- Ganzi

Pour changer, pluie battante dés le matin.

Moi qui était déjà soucieuse de repasser ce difficile col du Trola!

La montée au col  se fait cette fois sur la piste rendue glissante par la pluie. Et bientôt, vers 4500m, c'est de la neige qui tombe... Je pensais que le deuxième passage par ici serait plus facile à encaisser; En fait, j'ai encore plus peur cette fois.

Pour ajouter à l'ambiance, une nonne a entonné d'une voix grave, des prières dés le début de la montée. Comme la montée et la descente durent environ 1 heure, on en a bien profité. Elle a également jeté pas mal de petits papiers imprimés de prières, les fameux chevaux de vent par la fenêtre... efficace car nous sommes passés finalement sans encombre. Aussitôt passé le col, la religieuse s'endort, tranquille. Sa collègue a sur les genoux une grande planche en bois gravée. Elles ont dû aller la chercher à Dege , et la ramène maintenant dans leur monastère, où elles pourront à leur tour imprimer ces prières.

 Ganzi : nous cherchons le fameux distributeur de billets dont on nous a parlé... Effectivement, à la banque agricole du Sichuan, pas vraiment en évidence : un distributeur. Nous n'y croyons pas! Bientôt la machine crache les 3000 yuans demandés. Incroyable. Eh oui, il arrive en voyage d'être épaté d'un truc qu'on trouve bien ordinaire d'habitude.

12 août  Ganzi---DaNpa

Bus chargé à mort de paquets et de voyageurs, fumeurs tout autour de nous, glissades dans le couloir du bus sur des papiers gras et des épluchures,  arrêt repas dans l'endroit le plus dégueulasse de la terre. Désolée mais je suis incapable de décrire... 1 euro l'assiette, mais nous refusons, c'est vraiment trop sale; les ouvriers passagers de notre bus refusent aussi d'y manger : trop cher!

Arrivée à Danpa à 18h 30 au terme de 13h de route, dont les 3 dernières le long d'un torrent impétueux. Dans les derniers kilomètres, nous apercevons les maisons tibétaines en pierres, de plusieurs étages, caractéristiques de Danpa Mais la petite ville elle même n'en compte pas : uniquement des immeubles.

Nous finissons par trouver une chambre à 80 yuans, correcte, au 23 Renmin Lu, hôtel à l'enseigne en chinois. De la fenêtre , nous avons vue sur le fleuve et la paroi rocheuse de l'autre rive.

Pas vraiment facile de trouver un endroit pour manger correctement, alors on bricole un repas, pris dans la chambre :"jambon" en boîte, chips, concentré de tomates...

Le voyage difficile de la journée, et ce repas tristounet nous met le moral dans les chaussettes.

Nous n'avons pas envie de rester ici et, décidés à partir demain matin, nous nous rendons à ce qui tient lieu de gare routière pour demander des billets pour Chengdu, la grande ville où nous pourrons récupérer un peu.

Derrière le guichet une employée autoritaire, digne de la Chine que nous avons connu il y a 15 ans. A la question de Jean Claude "Y a t-il un bus demain pour Chengdu ?", réponse :"Meiyou". C'est une négation, ça veut aussi bien dire que ce bus n'existe pas ou alors, qu’il existe mais qu'il n'y a plus de place.

Jean Claude insiste "après demain?" réponse "meiyou" .Jean Claude risque un peu d'humour... "et l'année prochaine?» Sourire en coin de l'employé.

Bon restons calmes, on reviendra demain matin... Jean Claude a réussi à déchiffrer sur les tableaux que les horaires pour Chengdu sont 6h30 et 7h... on verra par nous même s'ils existent. Sinon les mini vans à louer sont nombreux, et on finira bien par partir.

13 août  Dampa

Nous ne sommes pas décidés à rester ici...  La ville n'est pas très marrante.

A 6h nous sommes dans la rue à l'endroit d'où les bus partent: à côté du bureau de vente des billets. Deux bus arrivent. Il y a foule. Nous nous précipitons au guichet. Mêmes réponses négatives qu'hier, que ce soit pour le bus de maintenant ou de demain.

Nous allons prés des bus. Peut être faut il soudoyer les chauffeurs? Mais apparemment les cars sont vraiment complets.

Une française est justement en train d'embarquer. Je la questionne : "comment avez vous eu un billet?"..J'ai vraiment l'air d'une andouille avec cette question... Réponse "au guichet hier après midi " Evidemment, j'aurais dû m'en douter! Alors je lui explique (en gros) qu'on est pas nés de la dernière pluie, et que je ne comprends pas toujours pas ce qui se passe pour nous... Elle comprend et me dit "Vous devriez insister..." C'est un conseil qui a l'air un peu bête, vu qu'on a déjà bien insisté, mais nous le suivons .

Nous re-repartons au guichet. Jean-Claude re-demande calmement, comme si on n'était jamais venu. Je traduis : "Bonjour Madame, z'auriez pas par hasard deux billets pour Chengdu pour demain?"... "bien  sûr que oui mon bon monsieur" répond la Dame. 

Ne cherchons pas à comprendre... c'est la Chine dans toute sa simplicité. Prenons les billets avant qu'elle ne change d'avis.

Nous retournons à hôtel où nous réveillons une deuxième fois l'employée, grincheuse de tout façon, pour récupérer la chambre pour une nuit supplémentaire. Nous retrouvons la chambre comme nous l'avons laissé il y a une heure : c'est à dire avec un slip que Jean-Claude avait accroché à la lampe de chevet pour le faire sécher! Les faux départs ont toujours du bon.

Finalement, nous profitons de ce séjour forcé, pour faire des photos des femmes tibétaines qui ont ici un costume différent, en particulier une coiffe de velours noir avec des broderies de fleurs aux couleurs vives ; et également pour partir à la découverte d'un village typique du coin : Jiagu, 16 kilomètres à pied, aller et retour, avec une belle montée pour accéder au village.


Là, de très belles maisons en pierres, et tours de guets, un beau paysage, un panorama sur une vallée remplie de petits villages, et au bout : Danpa.

Dans les fourrés au bord du chemin, telle Alexandra David Néel au Tibet, je trouve un chapeau... bon, d'accord, pas aussi typique, puisqu'il s'agit d'une casquette noire et rose avec l'inscription "sexy". Mais elle tombe à pique car le soleil tape fort, et j'ai oublié mon chapeau habituel.

Arrivés à Danpa, nous arpentons longuement les rayons du petit libre service : la faim nous brouille un peu l'esprit, on en arrive à croire qu'on va dénicher sur un rayon un truc mangeable: pourquoi pas se mettre espérer trouver un cassoulet, tant qu'on y est. Il n'y avait rien hier, c'est pareil aujourd'hui. Au moment où on commence à devenir méchants, à en vouloir à tous les commerçants chinois de la ville pas foutus d'avoir une boîte de thon dans leur magasin on finit par dénicher dans un coin, des barquettes de repas: riz avec viande et légumes, à réhydrater, genre Bolino. L'étiquette est alléchante.

Beurk!!!!! Encore un repas raté pour moi . Jean-Claude semble se régaler. Je l'entend gratter sa cuillère en plastique au fond de sa gamelle : il s'agit pour lui de ne pas perdre une miette de cette pâtée pour chat. Etonnant!

Heureusement nous avons trouvé des barres chocolatés comme dessert.

Jean-Claude ne s'en plaint pas trop. Il est content. Il maigrit. Dans une des boutiques de la ville,  il aperçoit une balance, où pour 5 centimes d'euro, on peut se peser. Il enlève tout ce qu'il peut sur lui... sans aller trop loin, au grand désespoir des chinois qui commençaient à s'attrouper sur le trottoir pour regarder. 77kg ! Il est content d'avoir perdu 3 kg.

 

Ici non plus, il n'y a pas de connexion Internet Wifi pour notre ordinateur, mais nous trouvons dans un sous sol , une grande salle Internet où des dizaines de jeunes sont entassés, noyés dans une épaisse fumée de cigarettes. Pour 3 yuans de l'heure, nous consultons nos messages. Nous faisons une recherche sur cette histoire de peste à Xining. En fait c'est dans la région de Xining, dans un village à 200km: Ziketan. Trois personnes sont mortes de la peste pulmonaire, dont un berger. La maladie aurait été transmise par une marmotte. Le village est en quarantaine.

 

14 août  Dampa ---Chengdu

Dans un bus moderne et confortable comme nous n'en avons pas vu depuis longtemps, les dix heures de trajet pour relier Danpa à Chengdu, passent facilement.

D'abord, la route est au fond d'une vallée encaissée dans laquelle coule un fleuve large et mouvementé. Une nouvelle route est apparemment en construction sur l'autre rive, avec des tunnels et des ponts gigantesques. Au bout de 4h environ, nous devons descendre du bus, traverser à pied un pont que le bus ne peut pas franchir, et en prendre un autre de l'autre coté. Là, nous nous retrouvons sans doute sur la nouvelle route, mais... encore un peu en travaux! Nous voilà partis pour dix longues minutes dans un tunnel pas vraiment terminé : pas d'éclairage, inondé par endroits, avec des engins et des ouvriers travaillant sur certains tronçons. Nous ne sommes pas rassurés.

Arrêt repas dans le tord boyaux habituel... ragoût de pommes de terre à la viande de ?  Une assiette pour deux nous permet d'être rassasié.

La route est de plus en plus belle... ça faisait longtemps qu'on en avait vu une vraie! Et puis l'autoroute jusqu'à la grande ville de Chengdu de 4 millions d'habitants, où nous comptons reprendre du poil de la bête avant de continuer plus au Nord.

A la Sam's guest house, plus de chambres, mais la jeune fille qui nous accueille nous mène à l'hôtel juste à côté, le Rongcheng hôtel où pour 120 yuans nous avons une belle chambre, climatisée. Eh oui, ici ce n'est plus la même température que dans les montagnes. Il doit faire environ 30° et la climatisation est la bienvenue.

Repas au resto indien que nous avions repéré il y a quelques années .Il est toujours là. Il a même beaucoup de succès : nous devons attendre notre tour pour rentrer. Apparemment c'est devenu un endroit à la mode pour la jeunesse branchée de Chengdu. Alors nous attendons... nous ne sommes plus à une demie heure prés... Cela fait plusieurs jours que nous pensons à un vrai repas, après toutes les cochonneries avalées ces derniers temps. Le repas composé de deux curry différents et de nan tout chaud est délicieux : nous en avons les larmes aux yeux. Bien sûr, c'est un peu "cher" mais nous ne regrettons pas la somme faramineuse de 12 euros pour ce repas!

 

15 août Chengdu

Nous nous promenons dans la ville, la ville qui "rassure", après 3 semaines dans les régions "reculées", mais elle va bientôt nous fatiguer, nous le savons!

Un petit tour avec le bus n°4 jusqu'à la gare routière de Chadianzi, à une demie heure du centre ville pour acheter le billets pour après demain 7h, pour Songpan, suite de notre itinéraire. (88 yuans /p).

Nous cherchons à changer des euros, à la Banque de Chine. Au moment de rentrer dans l'agence, un homme qui attendait sur le trottoir s'approche et nous demande si nous voulons changer de l'argent... nous connaissons le système, et nous nous laissons faire pour ce change "au noir". Tout se passe d'ailleurs dans les règles car la transaction se passe... dans la banque! Le changeur nous montre sur l'écran le taux de l'euro, et retire au distributeur, devant nous,  la somme correspondant aux 200 euros. (Taux du jour : 100 euros= 950 yuans) Pas d'embrouille, mais il fera ensuite son petit bénéfice, en rechangeant au bon moment. De tout manière, vrai ou faux, l'employée au guichet nous dit que le samedi, il n'y a pas de change, et nous laisse en toute connaissance de cause, faire affaire avec notre changeur... Il y a quelques années cela nous était déjà arrivé, et, en plus le "changeur" avait utilisé la machine de la banque pour compter les billets!

Après midi, promenade dans les rues commerçantes du centre. Des centres commerciaux immenses, et des magasins à la pelle... les chinois achètent, achètent, achètent... A côté de cela on peut voir des gens (le plus souvent de gens âgés ou des handicapés) faire la manche dans la rue, et aussi des ouvriers travaillant tard dans la nuit dans les différents chantiers de la ville (Un métro est en construction). Ceux là sont venus des campagnes gagner un peu d'argent, et ne profiteront sûrement pas des "joies" du shopping.

16 août  Dimanche à Chengdu

Matinée consacrée à la visite du centre d'élevage des pandas, situé à quarante minutes du centre ville en mini bus.

Nous y arrivons à 8heures, afin de voir les pandas au moment où ils s'agitent le plus, si on peut appeler cela s'agiter. Ils sont toujours aussi mignons. On peut voir aussi les petits pandas rouges, plus actifs. Ils sont entre le chat et le renard, en plus gros, avec une grosse queue rousse... et bien souvent on les préfère aux grands pandas. Moi, je les adore.

 

Dans le mini bus avec nous un anglais venu aider dans la région à la reconstruction d'écoles, suite au tremblement de terre de l'année dernière (mai 2008) L'épicentre est à 80 kilomètres à l'ouest de Chengdu. Je viens de consulter Internet, car, moi aussi j'ai déjà oublié l'ampleur de la catastrophe : 69200 morts, 380000 blessés, et des millions de sans abris... sans compter les dégâts matériels. D'après cet homme de gros efforts ont déjà été faits pour les reconstructions.

Nous revenons à l'hôtel en passant par les grandes avenues commerçantes... décidemment la population de Chengdu est vraiment atteinte de la "fièvre acheteuse". Effrayant!

17 août Chengdu- Songpan

Le trajet entre Chengdu et Songpan nous réserve un bien triste spectacle.

Cette route passe par Wenchuan, exactement l'épicentre du tremblement de terre de mai 2008. A vrai dire , nous ne l'avions pas vraiment situé sur la carte, et nous ne savions pas que notre route passait par là.

 Nous roulons pendant au moins deux heures dans la zone touchée. On comprend tout de suite que les dégâts ont été gigantesques, même si les traces sur les habitations sont rares. Des chantiers et des constructions neuves sont partout. Ici et là une maison éboulée, transpercée par un rocher (car nous sommes dans une vallée), un pont écroulé, une route coupée. La route sur laquelle nous roulons est bonne et l'on réalise que les travaux ont dû être énormes pour remettre en état. En effet, le plus impressionnant, ce sont les versants de la vallée où nous sommes. Pas un endroit qui ne soit éboulé. Partout des pans de montagne se sont écroulés. Des tonnes de rochers et de cailloux forment des éboulis, qu'on devine instables. Grosse émotion dans le bus.

Nous sommes maintenant dans la région de l'Amdo, province natale du XIVéme Dalaï Lama.

Nous arrivons vers 16h30 à Songpan, ville restaurée "à la chinoise", remparts grisâtres. Nous sommes un peu déçus.

Au resto "Emma's kitchen", recommandé par le Lonely planet, tous les routards de la ville sont là! La cuisine est bonne, mais un peu chère. On va pas se plaindre: c'est ça, ou rien comme à Danpa!

Beaucoup viennent ici parce qu'il y a de belles ballades à faire à cheval . Le paysage n' a pourtant pas l'air  extraordinaire. De toute façon, nous et les chevaux, c'est pas possible. On est trop habitués à avoir les deux pieds  par terre.

Songpan est surtout pour nous une étape pour aller ensuite au parc de Huanglong...

A la gare routière, nous apprenons qu'un bus y va demain à 6heures du matin.

Le soir, nous lisons sur notre guide qu'il  n'est pas facile d'y aller, et encore plus difficile de revenir , surtout dans la journée. Etant donné la facilité avec  laquelle nous avons trouvé un bus pour y aller nous n'y croyons pas trop... et on dormira là bas s'il le faut. Nous décidons d'y aller avec les sacs à dos.

 

18 août Huanglong

Deux heures de route, en partie en travaux, et le bus nous dépose devant l'entrée du parc naturel de Huanglong. L'hôtel situé à côté,  a des chambres à 40 euros, pas moins, une petite fortune pour le pays, et pour nous! En plus, rien aux alentours. Nous ne sommes pas tentés de passer la nuit ici.

Nous apercevons un peu plus loin, en contrebas, le toit d'un autre bâtiment, un hôtel sans doute. Nous y descendons, et déception : l'hôtel est fermé.

Nous décidons donc de monter par le téléphérique (vu qu'on a les sacs sur le dos, et qu'on est à plus de 3000m d'altitude) pour la somme astronomique de 8 euros chacun. (C'est le genre de truc qui fait rire au retour, mais il faut se souvenir que 16 euros c'est le prix pour deux nuits d' un bon hôtel dans la région). Là haut, encore une heure de marche sur des passerelles en bois, pour atteindre le temple au sommet. Au total , téléphérique et marche, 800m de dénivelé. Nous sommes maintenant à prés de 4000m d'altitude, mais dans une forêt. Certains chinois arrivent ici à bout de souffle, des bombes à oxygène à la main, qu'ils inhalent de temps à autre, en s'affalant sur les marches.

Derrière le temple, nous découvrons la merveille naturelle de l'endroit : des étangs, des bassins se sont formés, en terrasse, dans un terrain calcaire, formant des étangs dans les tons bleus, jaunes, blancs, verts. Trois heures de descente tranquille sur des sentiers aménagés sur des passerelles en bois. Au détour du chemin, de nouveaux bassins, des cascades... Belle promenade malgré nos sacs sur le dos.

Il est 13h lorsque nous arrivons en bas.

Lorsque nous sommes arrivés ce matin à 8 heures, l'endroit était désert. Maintenant, des dizaines et dizaines de bus sont garés sur le parking. C'est donc plein d'espoir que nous nous en approchons: le retour va donc être facile.  Erreur! Tous les bus sont des bus de voyage organisé!

Nous courons à droite, à gauche pour des renseignements. Nous attendons un peu sur la route un hypothétique autocar pour Songpan. Des conducteurs de taxi viennent nous dire qu'il n'y a pas de bus. Comment les croire? Au bout de deux heures de recherche, discussion, transaction, marchandage, nous nous rendons à l'évidence: si nous ne prenons pas le taxi à 120 yuans, nous risquons bien de devoir dormir ici... Le mini véhicule qui nous emmène slalome entre les trous, les rochers, les engins de chantier maintenant en action.

Nous retrouvons Songpan où nous récupérons de cette journée fatigante, autour d'un plat de poulet aux cacahuètes, et de boulettes de pommes de terre aux herbes.

19 août  Songpan---Langmusi

10h:  bus pour Zoige...

A 11h, arrivé à la ville voisine, je ne sais quel problème mécanique oblige le chauffeur à faire trente six tours de la ville à la recherche d'un garage. Finalement il semble trouver son bonheur dans un atelier car le bus y restera immobilisé jusqu'à midi, entre les mains d'un meccano. Enfin nous reprenons la route... jusqu'à la pompe à essence.

Puis c'est le bon départ, sur une route en bon état , chouette! La route serpente sur un plateau herbeux, quasiment toujours à la même altitude (3500 m environ) Beaucoup de collines vertes à l'horizon, et sans doute des montagnes plus hautes, mais le temps est très nuageux . Nombreux campements nomades et troupeaux de yaks.

Arrivée à 14h dans la ville de Zoige, à notre grande surprise car nous pensions mettre plus de temps. Nous nous précipitons de suite au guichet de la gare pour réserver le bus pour demain pour Langmusi, mais l'employée nous dit qu'il y a même un bus a 14h30 aujourd'hui! (21y/p) : Tant mieux car Zoige n'est pas vraiment une étape intéressante.

Le temps d'acheter un paquet de chips, nous voilà installé dans le bus. La majorité des passagers est d'origine tibétaine. Les femmes portent des longues tresses nouées dans le dos. Les hommes portent la veste tibétaine à longues manches, une épaule découverte. Des jeunes montent dans le bus, la tignasse en bataille, le costume traditionnel porté au dessus de vêtements modernes;

Peu avant Langmusi le bus part sur une petite route à droite pour déposer des passagers dans un village. A quelques mètres de la route principale goudronnée, nous voici sur une route défoncée, et boueuse. Dans le village, c'est pareil... le moyen âge.

A l'entrée de Langmusi, les jeunes tibétains aux cheveux hérissés font arrêter le bus, descendent joyeusement, et s'engouffrent comme un seul homme dans la boutique du coiffeur ...

Arrivée vers 16h 30. La chambre est rudimentaire mais propre, elle est à l'étage, avec WC et douche à l'extérieur  dans la cour, comme dans tous les hôtels du village. C'est le Xiu Feng Hôtel, tenu par une sympathique famille. Le fils, qui nous reçoit, se met en quatre pour nous : thermos d'eau chaude, petit coup de serpillière dans les toilettes, bâtons d'encens... parfait!

Le temps est toujours aussi mauvais (pluie brouillard, froid) mais nous partons le coeur joyeux à la découverte du village, en pataugeant dans les flaques

Nous grimpons vers l'un des monastère. Pas de touristes ici. Nous allons où nous voulons, entre tous les bâtiments du monastère. Bientôt une musique grave se fait entendre. Nous nous dirigeons vers le bâtiment d'où elle semble provenir. Une petite porte est ouverte sur la cour d'un temple. Merveilleux! Des moines sont en train de s'entraîner à jouer du ragdong, une grande trompe, dont le son éloigne les mauvais esprits. Ils nous laisse entrer, et sont ravis d'être photographiés. Chouette moment.

De belles montagnes se laissent deviner dans la brume, tout autour du village.

Dans les rues, il y a beaucoup de petits commerces, tenus en majorité par des musulmans, reconnaissables à leur toque blanche.

20 août  Langmusi

Nous continuons l'exploration du monastère, en montant sur une colline juste en face ; Sur cette colline, de nombreux drapeaux de prières font un spectacle coloré. Des pèlerins grimpent jusqu'ici, et jettent, dans un large mouvement du bras vers le ciel, des centaines de petits papiers imprimés de chevaux de vent...

Nous poursuivons notre promenade dans une petit vallée encaissée, partant du temple. Des pèlerins cheminent aussi par ici. Le lieu semble sacré: il y a beaucoup d'inscriptions gravées sur les rochers, des offrandes sous forme de "tsa tsa" dans les anfractuosités de la roche. Ce sont des petites figurines votives de terre en forme de chortens.

Nous nous retrouvons maintenant au fond d'une petite gorge, la sente longe une rivière. De nombreuses grottes s'ouvrent sur les parois. C'est ici sans doute que se trouve la source sacrée du village à laquelle les moines rendent grâce. Nous croisons de nombreux pèlerins, parfois en famille, avec de jeunes enfants. Tashi Dele! Bonjour! Sourires complices, comme partout depuis que nous sommes au Tibet.

De l'autre côté du village un autre temple... très haut perché sur la colline. Nous suivons un chemin qui part vers les hauteurs, couvertes de drapeaux de prières.

Et, nous nous retrouvons sur un lieu de funérailles célestes...  Une cérémonie est en cours. On nous laisse approcher, très prés cette fois, trop prés peut être. Nous sommes à côté de la pierre sacrée : des lambeaux de chair , des os, et le crâne  entr'ouvert,  jonchent le sol.

Les vautours sont tout prés. Ils attendent. Les tibétains qui nous ont fait signe d'approcher, nous demandent maintenant de partir. Il est temps pour le prêtre de finir la cérémonie : les restes que nous venons de voir vont être broyés, mélangés à la farine d'orge, pour que les vautours finissent le travail...

Nous redescendons la colline un peu secoués, la tête ailleurs... les pieds dans les fleurs, en particulier des milliers d'edelweiss...

Nous revenons au village en passant par le chemin des pèlerins qui passe derrière le temple, dans la forêt. Les fourrés sont couverts de petits papiers multicolores... toujours et encore les chevaux de vent.

Encore de belles rencontres, des sourires échangés, des regards étonnés, des mains jointes, des bonjour et des au revoir ...

Dans le ciel, des aigles nous offrent le spectacle de leur vol. Que demander de plus?

La so la Gyelo!

 

21 août Langmusi---Xiahe (Labrang) (2990m)

6h du matin, nous descendons les marches qui mènent dans la cour de hôtel à la lampe de poche car tout est plongé dans l'obscurité. Mais presque aussitôt une lampe s'allume : la patronne de l'auberge est là, elle nous attend au pied des escaliers. Comme promis la veille, elle va nous montrer où est le bus pour Hezuo d'où nous trouverons un autre bus pour Xiahe.

 A quelques mètres, nous apercevons deux phares allumés... c'est le bus. Il roule doucement en klaxonnant dans la rue déserte. Nous faisons signe, et nous voilà bientôt installés. Jusqu'à 6h 30, heure du départ il va ainsi klaxonner, sans égard pour les gens qui sont encore au lit. Les passagers arrivent peu à peu, du fond de la nuit.

Arrivée à 10h à Hezuo. Pour aller à Xiahe, il faut aller à une autre gare routière, à l'autre bout de la ville.

Depuis Langmusi, nous avons fait connaissance avec un jeune français, en Chine pour des études, depuis trois ans. Nous avons partagé hier nos repas avec lui. Grandes discussions. Beaux moments de complicité, et promenades ensemble.

Il parle le chinois avec facilité, et nous partageons avec lui le taxi pour la gare du Nord. (A raison de 20 centimes d'euro par personne, ce n'est pas vraiment un luxe! ) Il  s'installe prés du chauffeur avec qui il fait la conversation. A l'arrivée, il nous raconte que le chauffeur lui a demandé de quel pays nous venons. Ensuite, il a posé la question qui tue: "combien de jours avez vous mis pour venir en Chine?"

Le bus pour Xiahe part dans cinq minutes... juste le temps d'attraper un paquet d'un truc qui se mange, dans le magasin, et nous voilà dans le car. Nous partageons quelques biscuits secs avec le français, qui, lui aussi n'avait rien mangé ce matin...

Arrivée à 11h 30 à Xiahe. Nous remontons la grande rue de Xiahe. Tout au bout "Labrang" le nom de la cité monastique. Peu avant nous trouvons l'Overseas Tibetan Hôtel , avec une chambre correcte, inespérée, avec une baignoire dans la salle de bain (chic alors!) pour 180 yuans, mais nous avons bien besoin d'un peu de confort.

Repas au Nomad restaurant juste en face. Les momos (raviolis tibétains à la vapeur) déçoivent Jean Claude.

C'est vrai qu'ils sont un peu écoeurants, sans doute préparés avec du mouton qui  bien vécu..(8yuans). Ma soupe tibétaine au boeuf, légumes et pâtes est  délicieuse (14yuans). De la fenêtre du restaurant situé au troisième étage nous avons une vue sur une partie du mur de moulins à prières qui entoure le monastère.

 Le tour complet fait 3 kilomètres, et comporte plus de 1100 moulins à prières.

Nous pouvons voir les pèlerins tibétains en faire le tour tout en faisant tourner les moulins. L'ensemble  semble très vaste. Il comprend des temples bien sûr, des écoles, est les habitations des moines ; un véritable village.

Mais nous décidons d'aller nous reposer avant de visiter. Le confort de la chambre, et la fatigue font que nous dormons quelques heures...

Puis nous partons vers le monastère de Labrang (un des deux plus importants monastères tibétains hors du Tibet, avec celui de Taer Si, "Kunbum", prés de Xining), ou plutôt nous suivons les pèlerins qui en font le tour.

Arrivés à une extrémité, nous apercevons de l'autre côté de la rivière l'emplacement sacré, sur la colline, où, une fois par an on déroule une peinture géante ( 20m sur 30m) représentant le Bouddha.

Nous passons ensuite devant un petit temple. Derrière les murs on entend un bruit de cymbales. Je passe la tête par la porte entr'ouverte. Dans un coin de la cour, des moines font l'entraînement de danses sacrées.

Incroyable! Les moines danseurs exécutent des mouvements pleins de grâce et de légèreté. Ces danses sacrées sont exécutées lors des fêtes importantes. et les moines portent alors des costumes richement brodés et des masques.

On nous laisse entrer , et nous asseoir dans l'herbe à quelques mètres des danseurs. Un spectacle pour nous seuls!

En sortant de cette cour nous sommes témoin d'une scène émouvante. Une famille accompagne le jeune fils, haut comme trois pommes, six ou sept ans, au monastère, sans doute pour qu'il devienne moine.
Ils sont accompagnés de moines. Ils font un arrêt devant un feu où ils jettent des branches de genévriers: une fumée épaisse envahit la cour. Cette fumigation est une offrande.

Puis le petit groupe avance vers une porte, qui s'entrouvre pour laisser entrer le jeune enfant revêtu de sa robe toute neuve, et les deux moines. Les parents restent à l'extérieur. La porte se referme. Leur fils appartient au monastère. Ils partent... les bras ballants, l'air grave et perdu. La scène a été rapide, et l'émotion est forte.

A l'extérieur, dans un atelier, un moine est en train de peindre minutieusement une peinture (tangka) et nous invite à rentrer pour mieux voir. Les tangkas ont un caractère sacré. Elles représentent des mandalas, des divinités, des bodhisattvas, et servent de support à la méditation.

Au lieu de continuer le tour, nous partons vers le village tibétain et les champs, où les paysannes sont en train de moissonner à la faucille; Il y a des champs d'orge. D'autres céréales, que nous n'arrivons pas à identifier , sont coupées, chargées sur des ânes et ramenées au village.

Deux jeunes tibétains en motos nous lancent un " Welcome in Tibet !" (Bienvenue au Tibet)

Retour par la rue qui traverse Labrang, au milieu des nombreuses habitations des moines.

Une première journée à Labrang réussie... Labrang dont nous rêvions depuis quelques années...

 

22 août  Labrang

Nous débutons la journée par la montée au sommet de la colline sacrée, du sommet de laquelle on déroule une fois par an le Tangka géant. De là haut, on a une vue d'ensemble sur ce que l'on appelle "Labrang". Cette lamasserie est une véritable petite ville avec ses rues, ses habitations pour les moines, et bien sûr les différents temples et collèges. Il y aurait 1200 moines. Tout cela dans un beau décor de montagnes.

En revenant sur la route nous croisons des pèlerins arrivant au monastère en se prosternant à chaque pas. Et quand je dis se prosterner, le mot est un peu faible car, en fait, ils s'allongent complètement, les bras étendus en avant, puis se relèvent, portent les mains jointes au front, font un pas , puis recommencent à se prosterner  et s'allonger, etc... Ils portent des protections en cuir, tissus en lambeaux,  aux mains, aux genoux et devant eux.

A 10h nous prenons le billet (40yuans/p), qui permet une visite guidée, en anglais, par un moine. On ne peut visiter l'intérieur des différents bâtiments, que de cette façon, en groupe. La visite est très intéressante. Nous commençons par un "temple" qui est en fait le collège de médecine, une des discipline enseignée à Labrang. Des livres de médecine traditionnelle tibétaine tapissent les murs. Les moines étudient sur des copies imprimées car ces livres sont anciens et précieux. Le monastère a sa propre imprimerie. La médecine enseignée est traditionnelle, à base de plantes, que les moines apprennent à cueillir dans la montagne, à la bonne saison, après les avoir étudié dans ces livres. Les diplômés soignent les moines de Labrang, et accueille les tibétains malades qui se présentent ici. C'est ce que nous explique le jeune moine qui nous fait la visite dans un bon anglais. Lui même est étudiant en philosophie. "En philosophie tibétaine traditionnelle "précise-t-il à la demande d'un touriste. "Pour mon maître", ajoute -t-il avec un petit sourire en coin, "la philosophie occidentale est très mauvaise pour l' esprit. Nous nous faisons réprimander si nous lisons un livre venant de l'extérieur du monastère. Nous avons notre propre imprimerie, qui nous fournit les livres nécessaires à nos études"

Après la visite de différents temples très impressionnants par leurs décors, nous pénétrons dans un des plus grands bâtiments : c'est le collège de philosophie. A l'entrée, des centaines de bottes de feutres jonchent le sol : les moines sont à l'intérieur, assis  en tailleurs sur des bancs disposés en dizaines de rangées face à face... Ils récitent ensemble des textes, dans une immense salle. Combien sont ils? Plusieurs centaines... peut être mille! C'est très impressionnant, surtout dans cette demie pénombre. Leur voix graves, soutenues par le rythme de tambours. Sur un trône présidant la cérémonie, un moine tout de jaune vêtu. Le supérieur du monastère? ou un tulkou? lama vénéré, réincarnation d'un religieux méritant.

Nous faisons le tour de la salle,difficile de ne pas être impressionnés.. Des moines jettent dans les travées des brassées de fleurs, des marguerites blanches, roses et mauves, équeutées. Les moines les ramènent vers eux, et constituent sur le sol des motifs colorés. Il est interdit de s'arrêter et de faire des photos. Tout cela est vu rapidement, comme dans un rêve. Il s'agit de bien regarder et de n'en pas perdre une miette.

 Nous sommes en fin d'après midi, nous allons et venons dans les petites rues entre les habitations des moines, histoire de faire encore quelques photos. Sous nos yeux étonnés, un moine, puis deux, puis dix, puis d'autres encore, avec le chapeau jaune jeté sur l'épaule, la grande cape plissée sur le dos, pressent le pas vers le même endroit. Nous les suivons. Bientôt nous arrivons sur une placette face à un temple. Ils s'y installent en s'asseyant par terre, en cercle autour d'un moine qui semble diriger une prière.

I
ls sont bientôt prés de cinq cents, récitant en choeur des formules sacrées... Un seul moine reste debout, droit comme un i, vêtu d'un chapeau encore plus impressionnant; il marche d'un pas mesuré entre les rangs. A son attitude, nous devinons qu'il a le rôle de surveillant.

Gare aux moinillons paresseux...

La cérémonie dure plus d'une heure, mais nous ne voyons pas le temps passer. D'un claquement de mains, le surveillant fait comprendre que c'est terminé. Les moines se lèvent tous d'un seul coup, et les plus jeunes s'éloignent en courant vers les rues et temples environnants, dans un chahut digne d'une cour d'école.

 23 août  Labrang

Toute la journée nous nous promenons pour revoir un peu tout ce que nous avons vu hier... allées et venues des pèlerins, activités des moines, costumes des tibétains...

Nous retournons voir l'entraînement des moines danseurs, à la même heure. Ils sont là, avec des masques et des costumes cette fois. Nous nous asseyons dans l'herbe et profitons une fois de plus du spectacle. Souplesse et légèreté.


Entraînement rigoureux mais ambiance bon enfant.

Nous achetons des billets pour demain 7h 30, pour Tongren. (30y/p). Nous passerons dans la province du Qinghai.

 

24 août  Labrang---Tongren

Le trajet est plus court que ce qu'annonçait notre guide: 4h au lieu de 5. La route  est assez bonne. Au bout de 2h nous nous retrouvons dans un paysage de montagnes rouges, qui nous rappelle l' Esterel;

Une heure avant d'arriver à Tongren, le bus s'arrête dans une bourgade situé au niveau d'un col. Son nom est Garze nous dit un Tibétain avec qui nous avons lié connaissance dans le bus... Il parle anglais et même un peu de français; et oui, il habite  à ... Québec! Il est ici en vacances sur son lieu de naissance. Il me demande si j'ai goûté le yaourt qu'on fait dans la région. Comme je dit non, il descend du bus et revient peu après avec deux coupelles de yaourt frais : une pour lui et une pour moi. Il est fait avec du lait de dri, la femelle du yak. Il est légèrement jaune, et au goût, ça se confirme : il est assez crémeux, et délicieux.

D'autres personnes dans le bus en achètent, et dégustent avec des grands "sleurps" de satisfaction. Clin d'oeil complice : c'est bon! Seul, Jean-Claude qui déteste le yaourt, n'est pas à la fête.

Tongren est une petite ville très laide... nous y trouvons une chambre correcte dans un hôtel non loin de la gare routière, à 100y, Pour manger ce n'est pas aussi évident... Après avoir arpenté les quelques rues de la ville nous finissons par acheter des soupes aux nouilles déshydratées au supermarché du coin, et des poires. (8 poires pour 1,5 yuans, là nous avons eu sûrement le prix des locaux)

Après midi taxi à 12 y pour nous emmener à 7 kilomètres de là, au monastère : Wutun Si, en pleine campagne, auprés duquel on trouve des ateliers et des galeries de peintures bouddhistes : lesTangka. Tongren est célèbre pour ses artistes. Prés du monastère un moine nous interpelle et nous emmène dans la cour d'une maison où des artistes hommes et femmes sont à l'oeuvre. Il faut en moyenne un mois pour réaliser une de ces minutieuses représentations du Bouddha ou autre divinité, et elles sont vendues entre 20 et 50 euros. L'artiste a d'abord réalisé au trait les contours du dessin. Il appose ensuite les couleurs sur la figure centrale puis les Dieux secondaires et les paysages. Il achève son oeuvre par "l'ouverture des yeux" de la figure centrale. Par ce dernier geste il donne à l'icône son pouvoir religieux.

Nous ne nous laissons pas tenter par une des nombreuses oeuvres que nous présente le moine; Nous en aurons le regret, de retour à la maison bien sûr.

Nous nous promenons dans la vallée jusqu'à la lamasserie Gomar, vieille de 400 ans, et marquée par un énorme chorten or et blanc. Le lieu est désert.

Nous faisons le retour vers la ville par la route bordée de maisons en terre battue et de champs où les villageois font la moisson à la main. Le foin et les grains sont mis à sécher jusqu'au milieu de la route. Partout, l'agitation liée à a moisson...

 

25 août Tongren---Xining

Au bout de cinq heures de route, le bus nous dépose prés de la gare ferroviaire de Xining, la plus grande ville de la province du Qinghaï.  Nous recherchons un hôtel dans le quartier, en suivant les adresses de notre guide : tous complets! Nous tentons notre chance dans un hôtel qui semble un peu luxueux. Pour 160 yuans, nous obtenons une belle chambre confortable.

Petit tour, ou plutôt grand tour en ville, le centre étant un peu éloigné. Eh oui, nous sommes dans une grande ville, nous en avions perdu l'habitude. A Xining il y a prés de 2 millions d'habitants.

Prés de l'hôtel, une grande boutique de souvenirs, déserte, mise à part l'armée de vendeuses, nous attire. Nous en faisons le tour. Beaucoup de souvenirs style tibétain, d'autres un peu kitch. Dans un coin, six petits personnages en cire, style santons pour la crèche, sont alignés. Jean-Claude et moi avons la même idée : deux de ces sujets, représentants une femme et un homme tibétains, feraient bonnes figures dans la crèche, en compagnie des santons provençaux. La vendeuse nous annonce le prix de 1 euro par sujet. Mais ensuite, la conversation devient confuse: elle semble vouloir nous vendre les six... Pas question... nous en voulons deux c'est tout. Elle ne cède pas, nous sortons du magasin, un peu déçus.

 

26 août  Xining: Taer Si

C'est la grosse déception du voyage: le grand monastère "Taer si", connu sous le nom de Kumbum, l'un des si grands monastères de la secte des bonnets jaunes, celui auquel nous avons rêvé à travers les écrits d'Alexandra David Néel... nous laisse sceptiques.

L'atmosphère et le paysage sont bien en dessous de tout ce que nous avons vu jusque maintenant. Pas étonnant... le monastère tient plus du parc d'attraction que du lieu religieux. Des centaines de touristes chinois déambulent, et courent d'un temple à l'autre... Les moines eux mêmes semblent être de mauvais poil..

De retour en ville, je met au point l' opération "acquisition des deux santons tibétains."..ils sont si beaux! Je rentre dans la boutique, un billet de 20 yuans à la main. La vendeuse n'est pas la même qu'hier. Je prend les deux sujets en main et lui met sous le nez. Combien? 20 yuans pièce dit-elle... Je lui montre, en prenant l'air le plus misérable de la terre, mon billet de 20 pour les deux. Elle est désolée... pas possible. Je repose les pauvres santons, qui n'avaient pas vu autant de monde depuis longtemps.

Je sors dans la rue, où m'attend Jean-Claude. Comme nous nous éloignons, une voix se fait entendre derrière nous: c'est ma vendeuse, un santon dans chaque main, qu'elle agite au dessus de sa tête "Ok, ok., ok..." Je lui tend le billet qui était toujours roulé dans ma main, et voici les deux tibétains miniatures à la place. Je l'aurais embrassé si j'avais été sûre que ça lui plaise. Mais je pense que le sourire qui m'allait d'une oreille à l'autre lui a fait comprendre que j'étais très contente.

Vivement Noël!

 

27 août  Xining---Qinhai hu (Lac Kokonor)

Un bus nous conduit à Heimahe, sur la rive Sud du lac Kokonor. A mi chemin nous avons aperçu ce grand lac salé (400 kilomètres de tour), aux eaux d'un bleu très particulier. De grands champs de moutarde jaune en fleur contraste avec ce bleu très pâle.

A Heimahe, juste quelques maisons et resto... une seule rue style village far west. pas très rigolo! Au loin le lac...

Nous entrons dans un petit resto qui semble très propre. Un poêle trône au milieu de la pièce. Nous commandons des bols de soupe aux raviolis, qui nous ravigotent... Il fait un peu frais dans la région.

Nous voulons aller maintenant à Niao Dao, l'île aux oiseaux, sur la rive Ouest du lac. Pour cela il faut, à la sortie du village, quitter la route principale 315 qui part plein Ouest, et prendre celle de droite qui continue le tour du lac. Nous ne sommes pas sûr qu'il y ait un bus. Même si l'endroit est réputé touristique, ici, pas l'ombre d'un petit voyageur. Nous avons aperçu quelques bus touristiques ce matin, sur la rive Sud. Mais ensuite plus personne...

Nous nous postons donc sur la route en question, dans l'espoir du passage d'un bus. A perte de vue, de grandes plaines herbeuses, et une route étroite, fonçant tout droit vers le Nord... Drôle d'impression que ce paysage sans fin. Des habitants du bourg nous ont repéré, évidemment, et nous questionnent sur nos intentions "Pas de bus " nous répondent-ils en rigolant comme si on venait de leur raconter la dernière histoire de Toto.

Nous les regardons d'un air qui en dit long : "Bon, les p'tits gars qu'est ce que vous proposez?" Ils prennent leur temps et finissent par proposer une voiture à un prix d'ami. Il y a environ 50 km à parcourir.

Après les marchandages habituels, les faux départs (désaccord sur le prix, plein d'essence, détour pour prendre un ami...), nous voici lancés sur la route, à pleine vitesse. Juste quelques coups de frein de temps à autre pour laisser passer des yaks ENORMES. Il y a de nombreux troupeaux de chaque côté de la route, sans compter les chèvres, tout cela dans des plaines à perte de vue. Et bien sûr il y a des campements de tentes noires en poil de yak tissé, communes à tous les pasteurs du Tibet.

Drôle de région... En plus nous avons à l'esprit des tas de choses bizarres qui se passent ou se sont passées dans le coin : usine de retraitement nucléaire, stockage de déchets nucléaires, contamination radioactive de l'eau et du sol, malformations et cancers, camps de travaux forcés... que des trucs marrants.

Notre chauffeur s'arrête, nous sommes arrivés à un groupe de maison, au pied de collines. Une autre route part à droite, direction la rive du lac: un panneau indique d'ailleurs le site touristique de Niao Dao, 14km..." C'est là que nous voulons aller..." Un quart d'heure plus tard, il nous largue sur le parking de la réserve ornithologique, "la principale attraction touristique du lac": c'est ce qui est écrit dans notre guide. Sur le parking : deux malheureuses voitures, et pas l'ombre d'un touriste. Bien sûr, nous ne sommes pas à la saison de nidification, au printemps, où viennent ici des milliers d'oiseaux mais tout de même...

Quelques mouettes à tête noire sont posées prés du guichet du parc, et s'envolent en faisant des ronds au dessus de nos têtes. Nous prenons donc les tickets pour entrer... Un employé sort de sa sieste, visiblement de mauvaise humeur, pour nous conduire en petit train jusqu'au bord du lac, au bout de cette presqu'île. Ils nous dépose au pied d'escaliers menant aux plates forme d'observation.

Mis à part quelques cormorans perchés sur un énorme rocher sur le bord du lac, rien de rien, pas un seul petit zozio...

Dépités, un peu en colère aussi, car le prix d'entrée est une véritable arnaque en cette saison, nous regagnons le petit train pour la sortie. Le conducteur est maintenant plongé dans un sommeil profond... Son collègue nous prend en charge pour nous ramener. Quelques photos des mouettes noires,  histoire de ne pas perdre la face. Elles continuent à voleter au même endroit: à croire qu'elles sont payées pour rester là et attirer le client!

Sur le parking : aucun taxi, juste 2 voitures vides: des touristes chinois, égarés ici sans doute, comme nous.

Devant nous la route toute droite, 14km pour rejoindre le carrefour avec la route principale, un petit groupe de maisons où nous avons repéré un hôtel. Il est 15h déjà. 14km... à 4km à l'heure, avec les sacs au dos... il nous faut plus de 3heures. Mais nous n'avons pas le choix. En route!

Nous marchons le plus vite que nous pouvons sur cette route déserte. De chaque côté, des prairies à perte de vue, quelques habitations, gardées par les fameux chiens noirs. Au loin, la colline au pied de laquelle nous devons arriver. Elle se rapproche avec une lenteur exaspérante. Au bout de deux heures de marche, une voiture ralentit, et s'arrête. Une femme descend, et nous propose de nous emmener jusqu'au bourg. Nous nous serrons dans la voiture où deux hommes sont assis à l'avant. Nous les remercions à n'en plus finir, et eux n'en reviennent pas de nous voir ici, seuls. Ils nous posent des tas de questions. Nous nous quittons avec de grands signes de la main.

Mais nous ne sommes pas sortis d'affaire... Le bourg n'est pas vraiment animé. L'endroit ne nous inspire guère. Nous décidons de prendre un bus de suite, si c'est possible, pour rejoindre une grande ville , au Nord du lac, à 70 km d'ici. Nous allons vers l'endroit où tout à l'heure, nous avions vu un bus garé. Des locaux délabrés, ayant sans doute été durant un temps une billetterie, sont à proximité. Personne! L'un après l'autre, des gens viennent nous dire qu'il n 'y a pas de bus. Il nous semble comprendre que d'ailleurs, il n'y en a plus jusqu'à demain 15h!

Bon, restons calmes... Peut être qu'une petite bière nous ferait du bien? Nous entrons dans l'épicerie du coin. Il y a quelques bières dans un coin, et, sous vitrine, quelques sachets de confiserie non identifiable à part des cacahuètes...

Nous nous asseyons au pied d'un poteau pour déguster notre bière-cacahuéte. Le sac commence à se faire lourd. Une femme vient en voiture à côté de nous. Inutile de lui expliquer notre situation. Elle connaît : nous ne sommes pas les premiers à rester coincés ici. Elle propose de nous emmener dans sa petite voiture jusqu'à la ville... 200 yuans!  (20 euros) Non, trop cher. Elle ne marchande pas. Elle part, disparaissant à l'extrémité de la route, où se trouve quelques petites maisons.

Arrivant par l'autre côté, un motard  vient vers nous. Nous comprenons très mal ses explications, mi anglais, mi chinois. Il nous semble comprendre demain matin 8h... mais sans plus. Il repart d'où il est   venu... avec le sourire.

Très bien, mais nous réalisons qu'il faut maintenant trouver un toit. Il est plus de 17h.

Trois hôtels dans le bled, tous fermés, abandonnés, délabrés...

La petite voiture rouge réapparaît. La dame nous propose maintenant une chambre, chez elle, pour 4 euros. Nous n'avons pas le choix. Elle nous fait entrer chez elle, une petite maison, au bout de la route.


C'est bien tenu, et la chambre, même si il n'y a pas de toilette, ni d'eau courante, est correcte. Dans la chambre, un porte manteau, avec des vêtements, des photos de famille sur les étagères... on se sent comme chez eux! Dans la cuisine, un poêle ronronne et réchauffe. En effet il ne fait pas chaud dehors. Les toilettes sont au bout du terrain, après avoir contourné des abris en brique, évité des trous remplis de boue, et contourné la niche du chien. Super! Nous évitons de demander si il y a un coin pour se laver. Le jour n'est pas à la toilette.

Deux autres routards, en vélos, arrivent et occupent une autre chambre. Ils ont une vingtaine d'année, et ont fait Chengdu-Lhassa en vélo. Ils font maintenant le tour du Lac Qinghai, avant de rentrer à Chengdu, chez eux: et oui, ils sont chinois.

Notre hôtesse fait visiter sa maisonnette en particulier une petite pièce au fond : c'est un petit temple avec des tangkas aux murs, des photos : celle du Panchen lama, et dans un coin, celle du Dalaï lama. Le jeune chinois donne un coup de coude à son amie et lui montre la photo, la pointant du doigt avec le sourire. La photo du Dalaï lama a été longtemps interdite, dans les temples et ailleurs. Je suppose qu'elle ne l'est plus, car depuis le début de ce voyage nous l'avons vu dans de nombreux monastère, et maintenant dans cette maison.

Je pars avec les deux jeunes routards, visiter le petit monastère sur les hauteurs derrière la maison. Nous passons prés de petits chortens blancs, au sommet or. D'ici le lac apparaît dans la lumière bizarrement argentée du soleil qui se couche. Ciel magique.

 Un mur à mani est long de 100m au moins. Au pied d'un autre chörten : d'autres pierres gravées, et surtout des "guirlandes" de mâchoires et omoplates d'animaux gravées de formules en tibétains...

Nous continuons à monter dans la colline et entrons dans un des temples. L'intérieur, bien tenu et décoré de couleurs vives contraste avec l'extérieur. Nous entendons des pas à l'étage. Bientôt apparaît dans les escaliers... un moine, au visage doux et à l'air timide. Il discute avec les deux jeunes chinois, mais apparemment difficilement. La jeune fille m'explique, en anglais, qu'ils ont beaucoup de mal à le comprendre, et qu'il a des difficultés pour s'exprimer en chinois, des mots lui manquent. Sans doute, ce moine parle habituellement un des nombreux dialectes tibétains.

Il nous emmène dans d'autres petits temples disséminés sur la colline, puis dans sa toute petite maison, où il nous montre quelques livres . La moitié de la pièce est prise par une plate- forme qui lui sert de lit et de table. Il fait maintenant très froid et il allume le petit poêle qui trône au milieu de la pièce.

Je lui demande si je peux le photographier, car j'ai envie de garder en mémoire cet instant. Il dit oui, mais veut se faire plus "présentable", en enlevant le vieux polo qu'il a par dessus son habit de moine. Je lui fait comprendre qu'il est bien comme cela.

Il est temps de regagner la petite maison pour se réchauffer : on aperçoit d'ici la cheminée fumer...

Au retour, notre hôtesse nous propose un plat de nouille, mais nous préférons manger dans la chambre, une boîte de thon, stockée au fond du sac en prévision d'un coup dur. Et en dessert: tablette de chocolat.

28 août  Qinhai hu---Xining

De bon matin, nous voici prêts au grand étonnement de notre hôtesse. Il est en effet 7h, il fait un temps de cochon: Il pleut et la température est glaciale. Nous avons juste dans l'estomac un petit café, préparé dans la chambre, avec l'eau du thermos et nos dosettes de Nescafé. mais nous ne tenons plus. Nous voulons partir.

Nous prenons la grande rue, plus déserte que jamais à cette heure là. La pluie redouble d'intensité. Heureusement, nos sacs sont protégés par un sur-sac imperméable. Nous avons sur nous tous les vêtements que nous avons emporté. Le blouson goretex et sa capuche nous protége bien, du moins pour l'instant, du froid et de la pluie.

Malheureusement, une heure plus tard nous sommes toujours là, et, bien qu'à l'abri de la pluie à l'entrée d'une maison, le froid commence à nous gagner. Une voiture apparaît, nous nous montrons, au cas où... mais pas d'espoir: elle est déjà remplie de passagers.

Puis un mini-van, sorte de mini-bus miniature (4 mini places), vient vers nous, sans hésitation. C'est le motard d'hier, voilà ce qu'il avait essayé de faire : nous donner rendez vous à 8heures, ce matin. Petit marchandage, et, pour 60 yuans, prix honnête pour la distance, nous voici dans le véhicule. Jean-Claude est assis devant, et moi derrière.

Le départ n'est pas foudroyant, nous roulons à une allure d' escargot. A peine trois minutes plus tard, le chauffeur quitte la route en tournant à gauche sur une piste en terre, pleine d'ornières. Au bout du chemin, une maison: "Ma maison" dit-il. Il descend, disparaît à l'intérieur. Quelques yaks sont dans la cour. Il revient avec un sac plastique contenant visiblement un vêtement, qu'il pose derrière, à côté de moi.

Nous repartons mais... d'où nous venons.  Regards étonnés vers le chauffeur qui finit par expliquer qu'il passe prendre un autre passager dans le hameau.

Nous voici maintenant au complet, mais le chauffeur quitte à nouveau la bonne direction. Peut être pour le plein? Mais où,? il n'y a pas de station essence!

Nous commençons à avoir un petit coup au moral; En plus, notre chauffeur, un tibétain, du genre nomade habitué au grand air des steppes, laisse sa vitre grand ouverte, malgré son blouson léger. L'air glacial et humide s'engouffre dans le véhicule. Nous n'avons pas quitté nos capuches, et nos sacs à dos sont posés sur les genoux pour faire couverture. C'est sans doute le bruit de nos dents qui claquent qui le ramène à la réalité. Il ferme sa vitre.

Arrêt devant une maison sur le bord de la route. Une femme en sort immédiatement, deux petits bidons de plastiques à la main. L'essence!

Les bidons sont vidés dans le réservoir, et le niveau vérifié avec un petit bâton ramassé par terre. La femme re-disparaît à l'intérieur, puis réapparaît avec un nouveau bidon. Re-vérification du niveau, avec le bout de bois, et c'est parti, dans la bonne direction cette fois.

Le chauffeur demande à Jean-Claude où nous allons après Gangca. "A Xining" . Il nous dit qu'il y a un bus... On le croira quand on le verra.

La route est cimentée, belle, mais étroite. Il faut faire attention lors du  croisement avec d'autres véhicules. De chaque côté, une belle ornière, qui ne pardonne pas si on quitte la route; A perte de vue, toujours des pâturages, disparaissant dans la brume. Juste quelques tentes de nomades.

Un sentiment d'être loin de tout...

Au bout d'une vingtaine de kilomètres je sors de mes pensées... la voiture tousse, ralentit et avance par saccades. Nous sommes dans une petite montée. Mais je sens que nous n'arriverons pas en haut. La voiture cale. Aïe!

Le chauffeur a l'air inquiet. Il tourne la clé dans le contact, à plusieurs reprises. Après quelques couinements, le moteur reprend vie. Nous échangeons quelques sourires entendus. On est les plus forts. Nous voici lancés, d'autant plus facile que, maintenant ça descend.

Bien sûr, ça ne dure pas. Le moteur ne fait que caler et recaler. Nous voici de nouveau à l'arrêt. Le temps ne s'est pas arrangé. Le chauffeur descend, fait le tour de la voiture et demande à Jean-Claude de descendre. Grand moment! Où veut il en venir? Pas question de finir à pied, attention, hein, on n'est pas d'humeur à faire une rando!

En fait, il veut simplement soulever le siège passager, car dessous, il y a une partie du moteur. Il y plonge la main, trifouille, tire, pousse, puis affiche un air satisfait . Il rabat le siège, invite Jean-Claude dégoulinant de pluie, le sourire crispé, ou gelé tout simplement, à reprendre sa place.

Nous voilà reparti. Vingt kilomètres plus tard, même scénario. Petit coup de fatigue. Redémarrage. On a envie d'applaudir le chauffeur pour son calme. Il dégouline de pluie, et la vue de son blouson tout fin me donne des frissons.

Il fait encore un arrêt volontaire cette fois. Au milieu de nulle part, une petite tente au milieu des yaks, une cheminée laisse échapper de la fumée. Au premier coup de klaxon, une jeune femme sort et vient récupérer le sac en plastique : une livraison à domicile sans doute...

Gangca, une grande ville industrielle, moche, mais nous sommes pas mécontents d'y être.

Notre chauffeur se gare. Nous le payons, et nous lançons à la recherche de la gare. Il nous rattrape au bout de quelques mètres, la gare est là, là... juste à côté de la voiture : un bâtiment tout miteux qui nous dit rien qui vaille. Froncements de sourcils...

Vite, vite, nous dit le chauffeur, qui réalise qu'il faut nous mener carrément au guichet. C'est vrai que nous ne sommes plus vraiment au top, côté vivacité d'esprit ce matin. Il a raison de nous pousser un peu : le bus part dans cinq minutes à Xining!

Un grand merci à notre chauffeur... Inutile, car il a déjà disparu, reparti dans sa steppe.

Nous passons en quelques secondes dans un autre monde:

Bus confortable, chaud, Demi sommeil jusqu'à Xining.

Nous retrouvons l'hôtel confortable. Douche bien méritée.

Nous allons en centre ville où nous avions repéré un marchand de canard laqué de Péking, avec les crêpes et tout le tra la la. Festin dans la chambre

 

29 aout Xining

Nos recherches pour avoir des billets de bus, et de trains pour Guilin ou autres villes nous en rapprochant, restent vaines. Queues immenses dans les gares, bus ou trains, complets, inexistants...

30 aout  Xining---Lanzhou

 Bus pour Lanzhou, où il s'avère tout aussi  difficile de faire un grand bond vers le Sud, en bus ou en train. Il faudrait faire le trajet jusqu'à Guilin, plus de 1600 kilomètres, par tronçons. Nous avons le temps, bien sûr, mais plus l'énergie.

Aprés avoir pesé le pour et le contre, nous choisissons de prendre l'avion jusqu'à Guilin, le prochain départ étant le 1er septembre.

31août  Lanzhou

Repos

1 septembre  Lanzhou ---Guilin

Vol sans problème.

A Guilin, nous ressentons déjà un changement de température, nettement plus chaude ici.

2 septembre  Guilin----Yangshuo

Le matin, une heure de trajet en bus pour Yangshuo (15y/p) où nous comptons passer quelques jours de farniente.

Chambre à notre hôtel habituel "Explorer" 180 y/p renégocié à 150 yuans car nous réservons pour 3 jours, et en plus nous précisons être venus plusieurs fois dont l'hiver dernier.

Ballade dans le village où les restos et les boutiques ont continué à pousser comme des champignons... dommage. Au bord de la rivière le paysage est toujours aussi beau avec tous ces pics qui se reflètent dans l'eau.

Rencontre après midi d'un couple de jeunes hollandais. La jeune femme nous invite le soir au "juice bar" prés de la rivière, à 19h, à une réunion entre étudiants chinois et voyageurs étrangers.

Nous nous retrouvons autour d'une table, avec une dizaine de chinois (étudiants et une prof d'anglais) et cinq étrangers, pour quelques échanges, autour d'un jus de pastèque et des friandises.

Entre autre, est abordé le sujet de l'éducation en Chine, gros problème car peu de jeunes peuvent accéder à l'université.

Le soir Jean Claude regarde sur Internet : le budget de l'éducation, en Chine est à peine plus élevé qu'en France.(Rappel : la population de la Chine est plus de 20 fois plus élevée qu'en France)

 

3 septembre Yangshuo

Nous achetons le billet en bus couchette pour Canton, départ samedi 5 à 20h. Cela nous permettra d'arriver le 6 au matin, et de prendre dans la foulée le bus pour Hong-Kong. Nous réservons par Internet 3 nuits hôtel, les  dernières avant notre départ le 9 au soir.

Cela fait, nous pouvons maintenant partir en promenade. Nous décidons d'aller revoir Xingping à une trentaine de kilomètres d'ici. Nous prenons un bus local et nous voici arrivés après 45 minutes de voyage en compagnie de paysans, de leurs baluchons et autres paniers, sans compter les poules vivantes tenues par les pattes, la tête en bas. Petite pensée pour la grippe aviaire.

C'est jour de marché, et le village est très animé. Après un petit tour au milieu des nombreux étals (légumes, fruits, volailles vivantes, dvd, outils forgés main...), nous prenons le chemin vers le fleuve, histoire de revoir le magnifique paysage de pics karstiques, celui qui figure d'ailleurs sur les billets de 20 yuans!

 Mais dés les premiers pas, nous sommes harcelés par des gens qui nous proposent un tour en radeau de bambou sur la rivière. Ils nous abordent invariablement au cri de : "hello.. bambou, bambou..."

Nous avons déjà fait ce tour il y a quelques années, les paysages sont magnifiques tout le long de l'eau, mais nous n'avons pas l'intention de le refaire aujourd'hui. Il faut vraiment insister pour dissuader un rabatteur et le décider à nous lâcher les baskets. Mais le problème est que dés que l'un est parti, un autre arrive... A midi, nous arrivons à les quitter en nous réfugiant dans un resto où nous mangeons de raviolis.

Le manège reprend dés que nous sortons... Nous longeons la rivière, le long des embarcadères. Une femme ne nous quitte pas d'une semelle, et nous fait son baratin. Nous multiplions les signes d'impatience pour lui montrer que nous ne voulons pas de cette promenade. Nous nous arrêtons au bord de l'eau, pour que je puisse faire une aquarelle. La femme reprend son baratin de plus belle... Jean Claude lui prend la carte de la rivière qu'elle nous agite sous le nez, et la lance à quelques mètres ... Elle pousse un cri d'étonnement. Elle semble avoir compris et va s'asseoir plus loin. Nous voilà tranquilles... mais pas bien longtemps.

Au bout d'un quart d'heure nous la voyons se lever, et agiter son chapeau de paille en direction d'un des bateaux sur la rivière. Bientôt il accoste, un homme à bord, sans doute son mari qui vient la chercher. Mais l'homme descend de son radeau, et vient vers nous... Nous le reconnaissons : lui aussi nous a proposé la ballade. Il revient faire son boniment... puis s'assoit à côté de nous. Jean-Claude ne tient plus et finit par se lever, le tire par le bras en disant que pour le bateau c'est non, mais qu'il est d'accord pour aller voir la police.

 Le compère et sa femme courent vers leur bateau et s'éloignent moteur à fond... Ouf, nous allons pouvoir voir un peu de solitude, et apprécier le paysage, mais il est déjà 15h.

Le retour au village se fera bien sûr dans les mêmes conditions... bambou... bambou...

16h, nous reprenons le bus vers Yangshuo

Il fait très très chaud (35°?) et humide, un temps qui nous change du reste du voyage où la température n'a jamais dépassé 25°, et a même avoisiné les 10°, comme au lac Kokonor, où polaire et blouson ne suffisaient même pas.

Le soir ballade dans Yangshuo, qui compte maintenant des dizaines de restos, magasins de souvenirs et vêtements des bars et des boîtes de nuits. Il y a même un mac do. Les rues sont remplis de monde, et la musique est à fond partout... En 1995, lors de notre première visite, il n'y avait que quelques voyageurs, 2 ou 3 auberges, pas de banque, pas même de bus grande distance.

 

4 septembreYangshuo

Ballade à la colline de la lune, pour admirer le panorama de là haut. Montée difficile à cause de la forte chaleur et... du harcèlement des vendeuses de boissons.

Le soir, pour changer nous décidons de prendre notre repas au resto "Le votre" qui se veut être un resto de spécialités françaises et chinoises. Nous choisissons le porc à la mode sichuanaise, et du porc frit à l'ail... Le mot "dégueulasse " est le seul qui convient pour qualifier les plats qu'on nous amène. Le porc du Sichuan n'est que du gras... pas de viande. Nous refusons de le payer car immangeable. Je n'ose pas imaginer les escargots qui figurent à la carte... ça va me donner des cauchemars.

 

5 septembre Yangshuo---Guangzhou

Promenade dans Yangshuo tout la journée, en attendant le bus de ce soir 20h. Surtout dans le jardin public, où nous trouvons à la fois un peu de fraîcheur sous les arbres, la tranquillité loin des vendeurs de toutes  choses qui nous harcèlent dans les rues de Yangshuo, et au milieu du spectacle permanent qu'est un parc en Chine... musiciens, chanteurs, joueurs de cartes, adeptes du taïchi, etc.

Le bus part bien à 20h. Nous avons bien 2 couchettes du bas. La clim est à fond, et nous sommes bien forcés de nous couvrir des couettes... pas très nettes. Je sens sur moi cette couverture un peu poisseuse, et pas facile de m'endormir, d'autant plus qu'il n'y a pas de rideaux aux fenêtres, pas de sommeil... avant 3h du matin, Vers 2h , le bus s'arrête dans une station service pour un arrêt pipi. Un voyageur occidental, le seul du bus à part nous, se croit arrivé à Canton. De ma couchette je le vois passer, à moitié endormi, avec ses sacs et ses chaussures à la main... L'employé du bus le renvoie à sa couchette, ça la fait rigoler pendant une dizaine de minutes... Yangshuo-Canton en 6 h dans un bus pourri ça serait une première! Les express font le trajet en plus de 8h...

6 septembre  Hong-Kong

A 6 h du matin nous voici à Canton, à la grande gare routière, d'où nous prenons le métro jusqu'à Juxie Parc, où nous nous retrouvons juste au China Hôtel d'où partent les bus pour Hong-Kong; Nous obtenons de suite des billets pour celui de 7h, juste le temps d'aller boire une briquette de chocolat glacé au " 7 Eleven" du coin... ça faisait longtemps!

Passage sans encombre de la frontière... nous remplissons une fois encore le formulaire de santé, concernant la grippe du cochon... non, nous n'avons pas eu de contact rapproché avec ces bestioles... et on est en pleine forme. Juste un peu fatigués, mais les cochons n'y sont pour rien ;

Vers 10h30, arrivée à Hong-Kong, descente du bus à Mongkok, non loin de hôtel Dorsett Kowloon où nous avons réservé 3 nuits par 0podo, sur Internet.(30euros/nuit) chambre petite mais très correcte et confortable, au 19eme étage, vue sur gratte-ciel environnants.

Repos après cette nuit fatigante.

Repas de baguette, thon, tomate et vraie mayonnaise : Miam miam

7 , 8 septembre Hong-Kong

Chaleur étouffante, humide.

9 septembre

Retour en France, arrivée à Nice le 10 septembre

 

"A vrai dire, j'ai le mal du pays pour un pays qui n'est pas le mien. Les steppes, les solitudes, les neiges éternelles et le grand ciel clair de "là-haut" me hantent! Les heures difficiles, la faim, le froid, le vent qui me tailladait la figure, me laissait les lèvres tuméfiées,les camps dans la neige, dormant dans la boue glacée, et les haltes parmi la population crasseuse jusqu'à l'invraisemblance, la cupidité des villageois, tout cela importait peu, ces misères passent vite et l'on restait perpétuellement immergé dans le silence où seul le vent chantait, dans les solitudes presque vides même de vie végétale, les chaos de roches fantastiques, les pics vertigineux et les horizons de lumière aveuglante. Pays qui semble appartenir à un autre monde, pays de titans ou de dieux. Je reste ensorcelée."

Alexandra David-Néel (1868-1969)